Tuesday, August 17, 2010

Résumé p.283 [dette vs. manque]

.le concept de dette (faute) n’est pas clarifié par son explicitation en termes de cupabilité, d’endettement.
.le en-dette s’en trouve refoulé dans le domaine de la préoccupation.

.la clarification du phénomène de la dette n’est pas nécessairement liée au débit et à l’infraction au droit.
.elle ne peut réussir que si on s’enquiert de l’être-en-dette du Dasein, cad si l’en-dette est conçue à partir du mode d’être du Dasein.

.l’idée du « en-dette » doit être formalisée afin de mettre hors jeu les phénomènes vulgaires relatifs à l’être-avec préoccupé avec autrui.
.l’idée de dette doit être :
..haussée au-dessus du domaine de la préoccupation calculatrice.
..dégagée de tout rapport à un devoir et à une loi.

.dette ≠ défaut, comme le manque de qqchose qui doit et qui peut être.
.manque : ne-pas-être-sous-la-main.
.défaut : ne-pas-être-sous-la-main d’une chose due, détermination d’être du sous-la-main.

.rien ne peut manquer essentiellement à l’existence.
.pas parce qu’elle serait parfaite.
.parce que son caractère d’être demeure différent de tout sous-la-main.

.il y a dans l’idée du « en-dette » le caractère du ne-pas [Nicht].

.idée formellement existentiale du « en-dette » : être-fondement pour un être déterminé par un ne-pas – être fondement d’une nullité [Nichtigkeit].

.impossibilité de considérer comme déficient l’étant qui est fondement d’un défaut.
.partant d’un défaut causé par le Dasein ou du non-remplissement d’une exigence, impossible d’inférer rétrospectivement la déficience de la cause.

Monday, August 16, 2010

Summary of page 281

• Même si le sens de cet être-en-dette (Schuldigseins) se laissait saisir, son concept existential n’en demeurerait pas moins obscur.
• L’idée de dette doit être puisée dans une interprétation de l’être du Dasein.
• Qui dit comment nous sommes en dette et ce que dette signifie ?
• Toutes les recherches ontologiques sur des phénomènes comme la dette, la conscience, la mort doivent prendre leur point de départ dans ce qu’en dit l’explicitation quotidienne du Dasein.
• Le mode d’être échéant du Dasein implique que son interprétation est orientée inauthentiquement.
• Néanmoins, dans toute erreur de vision se dévoile une indication en direction de l’idée originaire du phénomène.
• Ce en-dette surgit comme prédicat du je suis.
• Est-ce que ce qui est compris comme dette dans une interprétation inauthentique se trouve dans l’être du Dasein de telle manière que celui-ci, pour autant qu’il existe facticement, soit déjà en dette ?

• Il faut conceptualiser le contenu de l’appel pour que puisse être compris ce que veut dire ce en-dette qui est crié.

• L’entente (Verständigkeit) quotidienne prend l’être-en-dette (Schuldigsein) au sens d’être débiteur (schulden) : on doit restituer à l’autre quelque chose auquel il prétend.
• Cet être-en-dette au sens d’avoir des dettes est une guise de l’être-avec autrui dans le domaine de la préoccupation.

Résumé p.282

.être-en-dette comme être responsable de, être la cause de.

.avoir des dettes + être responsable de = significations vulgaires de l’être-en-dette.
.peuvent converger et déterminer le comportement de « se mettre en dette » : léser un droit en étant responsable d’avoir des dettes.

.devenir en dette envers autrui : je suis responsable de ce que l’autre est mis en péril, égaré, ou brisé dans son existence.
.être le fondement d’un manque dans le Dasein d’un autre.
.déficience, manquement vis-à-vis d’une exigence qui s’applique à l’être-avec existant avec autrui.

.laisse de côté comment de telles exigences prennent naissance et comment leur caractère d’exigence et de loi doit être conçu.

.l’être-en-dette au sens de
..exigence éthique
..se rendre passible d’une peine
..avoir des dettes
..être responsable
.sont des modes d’être du Dasein.

.cette caractérisation ne suffit pas pour délimiter ontologiquement ce mode de « déterminité d’être » du Dasein.

Summary of page 280

• Toutes les expériences et toutes les interprétations de la conscience s’accordent sur ce point : la « voix » de la conscience parle d’une « dette » (Schuld).

§ 58. Compréhension de l’ad-vocation et dette.

• L’ad-voquer signifie une con-vocation du Soi-même le plus propre à son pouvoir-être en tant qu’être-au-monde préoccupé et être-avec.
• L’interprétation existentiale de ce à quoi l’appel con-voque ne délimite pas une possibilité concrète singulière d’existence.
• Ce qui peut être fixé ce n’est pas ce qui à chaque fois est existentiellement crié, mais ce qui appartient à la condition existentiale de possibilité du pouvoir-être factice.

• La compréhension de l’appel est d’autant plus authentique que le Dasein entend de façon plus intransférable (unbezüglicher) son être-ad-voqué, et quand ce qu’on dit falloir pervertit moins le sens de l’appel.

• L’appel ne dit rien qui serait à discuter, il ne donne aucune connaissance sur des événements (Begebenheiten).
• L’appel pro-voque (aufweisen) le Dasein vers son pouvoir-être en tant qu’appel venu de l’étrang(èr)eté.
• Le « d’où » de l’appeler, l’étrang(èr)eté de l’isolement jeté, est co-ouvert dans l’appeler.
• L’appel ne donne nul pouvoir-être idéal, universel à comprendre, mais plutôt le pouvoir-être isolé de chaque Dasein.
• Le caractère d’ouverture de l’appel n’est déterminé que si on le comprend comme rappel pro-vocant (vorrufenden Rückruf).

• Toutefois, ne répond-on à la question de savoir ce que l’appel dit en invoquant le fait que, dans toutes les expériences de conscience, l’appel advoque le Dasein en tant que coupable ?

Résumé p.281

.l’idée de dette ne saurait être puisée ailleurs que dans une interprétation de l’être du Dasein.
.qui dit comment nous sommes en dette et ce que dette signifie ?
.comment trouver la trace qui puisse nous conduire au dévoilement du phénomène ?

.toutes les recherches ontologiques sur la dette, la conscience, la mort, doivent nécessairement prendre leur point de départ dans ce qu’en « dit » l’explicitation quotidienne du Dasein.
.mais le mode d’être échéant du Dasein implique que son explicitation est le plus souvent orientée inauthentiquement.
.dans toute erreur de vision se dévoile en même temps une indication en direction de l’idée originaire du phénomène.

.le « en-dette » surgit comme prédicat du « je suis ».

.l’entente quotidienne prend le « être-en-dette » au sens de « être débiteur », « avoir des dettes ».
.guise de l’être-avec autrui dans le domaine de la préoccupation.
.ne pas satisfaire à la revendication de propriété des autres.
.l’être-en-dette en ce sens est rapporté à de l’étant dont on peut se préoccuper.

Saturday, August 14, 2010

Résumé p.280 [surmoi]

§58 Compréhension de l’ad-vocation et dette

.l’ad-voquer du On-même = con-vocation du Soi-même à son pouvoir-être en tant qu’être-au-monde préoccupé et être-avec avec les autres.

.ce qui peut et demande à être fixé par l’interprétation existentiale de ce à quoi l’appel con-voque :
..ce n’est pas ce qui est crié existentiellement dans chaque Dasein.
.. c’est la condition existentiale de possibilité du pouvoir-être factice-existentiel.

.la compréhension existentiellement entendante de l’appel est authentique :
..quand le Dasein entend et comprend son être-ad-voqué.
..quand ce qu’on dit convenir et falloir pervertit moins le sens de l’appel.

.l’appel vient de l’étrang(èr)eté de l’isolement jeté.
.ce lieu, l’étrang(èr)eté, est co-ouvert dans l’appeler.
.le « d’où » de l’appeler est le « vers où » du rappeler.

.l’appel ne donne nul pouvoir-être idéal, universel à comprendre.
.l’appel ouvre le pouvoir-être isolé de chaque Dasein.
.caractère d’ouverture de l’appel = rappel pro-vocant.

.ce qui est constamment entendu – ou non-entendu – dans toutes les expériences de la conscience : l’appel advoque le Dasein en tant que « coupable » : renvoie à une « dette » possible ou sa « liquidation ».

Friday, August 13, 2010

Le Dasein et la Fenêtre...

« […] l’exister humain n’est jamais seulement, en son fond essentiel, un objet subsistant quelque part, pas plus qu’il n’est un objet claustré sur soi. Il consiste plutôt, cet exister, en possibilités d’appréhension orientées sur ce qui vient à sa rencontre en s’adressant à lui […] »
Heidegger, Séminaires de Zurich, Séminaire du 8 Septembre 1959. pp.31-2.

« L’espace est donc translucide pour l’apparition de la table, il est ouvert, libre. […] La spatialité de cet espace consiste donc dans la translucidité, l’ouverture, dans le libre. En revanche, l’ouverture n’est elle-même rien de spatial. Le « à travers », à travers quoi quelque chose apparait et se montre selon sa modalité, c’est cela l’ouvert, le libre. Dans cet ouvert, nous nous y trouvons et nous nous y portons, mais tout autrement que la table. […] Il [le Dasein] se trouve en cet espace. […] Nous sommes absorbés par l’espace dans lequel nous nous rapportons à ceci et cela. En revanche, la table « ne se trouve » pas dans l’espace.
L’ouvert, le libre, le transparaissant ne repose pas sur le spatial ; au contraire, c’est le spatial qui, à l’inverse, repose sur l’ouvert et le libre. »
Heidegger, Séminaires de Zurich, Séminaire des 24 et 28 janvier 1964. p.37.

En ce qui concerne la « fenêtre peinte », il y aurait à demander : qu’est-ce qu’une fenêtre ? Son cadre délimite l’ouvert du transparaître (Durchscheinen) pour, grâce à la limite, le rassembler dans une délivrance du paraître (in eine Freigabe des Scheinens). La fenêtre, en tant qu’elle laisse entrer le paraître en son approche, est regard jeté au-dehors vers ce qui advient (Ausblick in die Ankunft). »
Heidegger, Sur La Madone Sixtine, 1955 (dans : Ph. Lacoue-Labarthe, La Vraie Semblance, Galilée, 2008, pp24-5).

Madone Sixtine, Raphaël, 1514.

Summary of page 279

• On pourrait opposer à notre interprétation de la conscience comme appel du souci les contre-questions suivantes :
• La conscience comme con-vocatrice (Aufrufer) parle-t-elle avec cette indétermination vide d’un pouvoir-être authentique, et non pas plutôt, de façon concrète, des fautes que l’on peut commettre ?
• L’ad-vocation provient-elle de la « mauvaise » conscience, ou de la « bonne » ?
• La conscience livre-t-elle quelque chose de positif, ou ne fonctionne que de manière critique ?

• D’une interprétation de la conscience, il est permis d’exiger que l’on y reconnaisse le phénomène tel qu’il est quotidiennement expérimenté.
• Jusqu’à maintenant, on a reconduit la conscience en tant que phénomène du Dasein à la constitution ontologique de cet étant afin de préparer notre tâche proprement dite : rendre intelligible la conscience comme une attestation, située dans le Dasein lui-même, de son pouvoir-être le plus propre.

• Le comprendre authentique n’est pas un supplément qui s’annexerait de façon contingente au phénomène de la conscience.
• C’est seulement à partir de la compréhension de l’ad-vocation que le vécu plein de la conscience (volle Gewissenserlebnis) se laisse saisir.
• Si c’est le Dasein propre qui est et l’appelant et l’ad-voqué, alors il y a dans toute mésentente (Überhören) de l’appel un mode d’être déterminé du Dasein.
• Un appel flottant en l’air (freischwebender) dont rien ne résulterait est une fiction impossible.

• Seule l’analyse de la compréhension de l’ad-vocation permet d’élucider ce que l’appel donne à comprendre et de concevoir existentialement la dette (schuldig) qui est criée dans la conscience.

On

« Je n’étais pas seul, j’étais un homme quelconque. »

Maurice Blanchot, Le Très-haut, 1948. Première phrase.

Tenir-ouvert

« Ce dessin doit seulement restituer avec netteté que l’exister humain n’est jamais seulement, en son fond essentiel, un objet subsistant quelque part, pas plus qu’il n’est un objet claustré sur soi. Il consiste plutôt, cet exister, en possibilités d’appréhension orientées sur ce qui vient à sa rencontre en s’adressant à lui […]. Exister en tant qu'être-le-là signifie [...] tenir-ouvert un domaine [...] »
Heidegger, Séminaires de Zurich, Séminaire du 8 Septembre 1959. pp31-2.

Wednesday, August 4, 2010

Sur le concept d'Histoire (W. Benjamin & L. Anderson)

The Dream Before, Laurie Anderson

Hansel and Gretel are alive and well
And they're living in Berlin
She is a cocktail waitress
He had a part in a Fassbinder film
And they sit around at night now drinking schnapps and gin
And she says: Hansel, you're really bringing me down
And he says: Gretel, you can really be a bitch
He says: I've wated my life on our stupid legend When my one and only love was the wicked witch. She said: What is history?
And he said: History is an angel being blown backwards into the future
He said: History is a pile of debris
And the angel wants to go back and fix things
To repair the things that have been broken
But there is a storm blowing from Paradise
And the storm keeps blowing the angel backwards into the future
And this storm, this storm is called Progress


Sur le concept d'Histoire, Thèse IX, Walter Benjamin

Mon aile est prête à l’envol,
Je voudrais revenir.
Si je restais un temps sans fin
Je n’aurais que peu de chance.

Gerherd Scholem, “Gruss vom Angelus”

Il existe un tableau de Klee qui s’intitule « Angelus Novus ». Il représente un ange qui semble sur le point de s’éloigner de quelque chose qu’il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C’est à celà que doit ressembler l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’évènements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès.

Über den Begriff der Geschichte, These IX, Walter Benjamin


Mein Flügel ist zum Schwung bereit,
ich kehrte gern zurück,
denn blieb ich auch lebendige Zeit,
ich hätte wenig Glück.

Gerherd Scholem, “Gruss vom Angelus”

Es gibt ein Bild von Klee, das Angelus Novus heißt. Ein Engel ist darauf dargestellt, der aussieht, als wäre er im Begriff, sich von etwas zu entfernen, worauf er starrt. Seine Augen sind aufgerissen, sein Mund steht offen und seine Flügel sind ausgespannt. Der Engel der Geschichte muß so aussehen. Er hat das Antlitz der Vergangenheit zugewendet. Wo eine Kette von Begebenheiten vor uns erscheint, da sieht er eine einzige Katastrophe, die unablässig Trümmer auf Trümmer häuft und sie ihm vor die Füße schleudert. Er möchte wohl verweilen, die Toten wecken und das Zerschlagene zusammenfügen. Aber ein Sturm weht vom Paradiese her, der sich in seinen Flügeln verfangen hat und so stark ist, daß der Engel sie nicht mehr schließen kann. Dieser Sturm treibt ihn unaufhaltsam in die Zukunft, der er den Rücken kehrt, während der Trümmerhaufen vor ihm zum Himmel wächst. Das, was wir den Fortschritt nennen, ist dieser Sturm.

Summary of page 278

• Il n’est besoin d’aucun recours à des puissances étrangères à l’être du Dasein, car un tel recours anéantit l’étrang(èr)eté de l’appel.
• Pourquoi s’adresser à des puissances étrangères tant que l’on ne s’est pas assuré que l’on n’avait pas apprécié trop bas l’être du Dasein, i.e. comme un sujet anodin (harmloses) muni d’une conscience personnelle ?

• Il semble que l’interprétation de l’appelant comme une puissance permet de reconnaître une donnée objectivement trouvable (objectiv Vorfinflichen).
• Pourtant, cette interprétation est une fuite du Dasein devant la conscience par laquelle il se glisse derrière l’étroite paroi qui sépare le On de l’étrang(èr)eté de son être.
• Une telle interprétation de la conscience prétend reconnaître l’appel comme une voix obligeante élevée au rang d’une conscience universelle (Weltgewissen) qui est un ça (es) et personne, et qui ne parle pas simplement de manière subjective.

• Mais qu’est-ce que cette conscience publique (öffentliche) d’autre que la voix du On ?
• Le Dasein ne peut en arriver à l’invention d’une conscience universelle que parce que la conscience est essentiellement mienne, car 1) c’est à chaque fois le pouvoir-être le plus propre qui est ad-voqué, et 2) l’appel vient de l’étant que je suis à chaque fois moi-même.

• L’interprétation précédente de l’appelant, loin de rendre purement subjective la puissance (Macht) de la conscience, libère l’inexorabilité (Unerbittlichkeit) et l’univocité (Eindeutigkeit) de l’appel.
• L’objectivité de l’ad-vocation n’obtient son droit que si l’interprétation lui laisse sa subjectivité, laquelle refuse la souveraineté au On.

Tuesday, August 3, 2010

Authenticité vs. Propriété Privée


The Soul of Man under Socialism, Oscar Wilde, 1891, pdf.

Monday, August 2, 2010

First as Tragedy, Then as Farce - Slavoj Zizek


Capitalisme Culturel. Zizek. [pdf]

it's at home in me

Odense (Dk) 09.2006.

"Poetry, creative literature, is nothing but the elementary emergence into [172] words, the becoming-uncovered, of existence as being-in-the-world. For the others who before it were blind, the world first becomes visible by what is thus spoken. We may listen to a quotation from Rainer Maria Rilke’s The Notebooks of Malte Laurids Brigge as testimony on this point [German original text below].

Will anyone believe that there are such houses? No. they will say that I’m falsifying. But this time it's the truth, nothing left out and naturally also nothing added. Where should I get it from? It's well known that I’m poor. Everyone knows. Houses? But, to be precise, they were houses that no longer existed. Houses that were torn down from top to bottom. What was there was the other houses, the ones that had stood alongside them, tall neighboring houses. They were obviously in danger of collapsing after everything next to them had been removed, for a whole framework of long tarred poIes was rammed aslant between the ground of the rubble-strewn lot and the exposed wall. I don't know whether I've already said that I mean this wall. But it was, so to speak, not the first wall of the present houses (which nevertheless had to be assumed) but the last one of the earlier ones. You could see their inner side. You could see the walls of rooms on the different storeys, to which the wallpaper was still attached, and here and there the place where the floor or ceiling began. Along the whole wall, next to the walls of the rooms, there still remained a dirty-white area, and the open rust-stained furrow of the toiIet pipe crept through it in unspeakably nauseating movements, soft, like those of a digesting worm. Of the paths taken by the illuminating gas, gray dusty traces were left at the edges of the ceilings, and here and there, quite unexpectedly, they bent round about and came running into the colored wall and into a black hole that had been ruthlessly ripped out. But most unforgettable were the walls themselves. The tenacious life of these rooms refused to let itself be trampled down. It was still there; it clung to the nails that had remained; it stood on the handsbreadth remnant of the floor; it had crept together there among the onsets of the corners where there was still a tiny bit of interior space. You could see that it was in the paint, which it had changed slowly year by year: from blue to an unpleasant green, from green to gray, and from yellow to an old decayed white that was now rotting away. But it was also in the fresher places that had been preserved behind mirrors, pictures and cupboards; for it had drawn and redrawn their contours and had also been in these hidden places, with the spiders and the dust, which now lay bare. It was in every streak that had been trashed off; it was in the moist blisters at the lower edge of the wall-hangings; it tossed in the torn-off tatters, and it sweated out of all the ugly stains that had been made so long ago. And from these walls, once blue, green, and yellow, which were framed by the tracks of the fractures of the intervening walls that had been destroyed, the breath of this life stood out, the tough, sluggish, musty breath which no wind had yet dispersed. There stood the noondays and the illnesses, and the expirings and the smoke of years and the sweat that breaks out under the armpits and makes the clothes heavy, and the stale breath of the mouths and the fusel-oil smell of fermenting feet. There stood the pungency of urine and [173] the burning of soot and the gray reek of potatoes and the strong oily stench of decaying grease. The sweet lingering aroma of neglected suckling infants was there and the anguished odor of children going to school and the sultriness from beds of pubescent boys. And much had joined this company, coming from below, evaporating upward from the abyss of the streets, and much else had seeped down with the rain, unclean above the towns. And the domestic winds, weak and grown tame, which stay always in the same street, had brought much along with them, and there was much more too coming from no one knows where. But I've said, haven't I, that all the walls had been broken off, up to this last one? Well, I've been talking all along about this wall. You'll say that I stood in front of it for a long time; but I'll take an oath that I began to run as soon as I recognized the wall. For that's what's terrible – that I recognized it. I recognize all of it here, and that's why it goes right into me: it's at home in me.

Notice here in how elemental a way the world, being-in-the-world – Rilke calls it life – leaps toward us from the things. What Rilke reads here in his sentences from the exposed wall is not imagined into the wall, but, quite to the contrary, the description is possible only as an interpretation and elucidation of what is "actually" in this wall, which leaps forth from it in our natural comportmental relationship to it. Not only is the writer able to see this original world, even though it has been unconsidered and not at all theoretically discovered, but Rilke also understands the philosophical content of the concept of life, which Dilthey had already surmised and which we have formulated with the aid of the concept of existence as being-in-the-world."

Heidegger, The Basic Problems of Phenomenology (1927).



Rainer Maria Rilke


Die Aufzeichnungendes Malte Laurids Brigge

[749] Wird man es glauben, daß es solche Häuser giebt? Nein, man wird sagen, ich fälsche. Diesmal ist es Wahrheit, nichts weggelassen, natürlich auch nichts hinzugetan. Woher sollte ich es nehmen? Man weiß, daß ich arm bin. Man weiß es. Häuser? Aber, um genau zu sein, es waren Häuser, die nicht mehr da waren. Häuser, die man abgebrochen hatte von oben bis unten. Was da war, das waren die anderen Häuser, die danebengestanden hatten, hohe Nachbarhäuser. Offenbar waren sie in Gefahr, umzufallen, seit man nebenan alles weggenommen hatte; denn ein ganzes Gerüst von langen, geteerten Mastbäumen war schräg zwischen den Grund des Schuttplatzes und die bloßgelegte Mauer gerammt. Ich weiß nicht, ob ich schon gesagt habe, daß ich diese Mauer meine. Aber es war sozusagen nicht die erste Mauer der vorhandenen Häuser (was man doch hätte annehmen müssen), sondern die letzte der früheren. Man sah ihre Innenseite. Man sah in den verschiedenen Stockwerken Zimmerwände, an denen noch die Tapeten klebten, da und dort den Ansatz des Fußbodens oder der Decke. Neben den Zimmerwänden blieb die ganze Mauer entlang noch ein schmutzigweißer Raum, und durch diesen kroch in unsäglich widerlichen, wurmweichen, gleichsam verdauenden Bewegungen die offene, rostfleckige Rinne der Abortröhre. Von den Wegen, die das Leuchtgas gegangen war, waren graue, staubige Spuren am Rande der Decken geblieben, und sie bogen da und dort, ganz unerwartet, rund um und kamen in die farbige Wand hineingelaufen und in ein Loch hinein, das schwarz und [750] rücksichtslos ausgerissen war. Am unvergeßlichsten aber waren die Wände selbst. Das zähe Leben dieser Zimmer hatte sich nicht zertreten lassen. Es war noch da, es hielt sich an den Nägeln, die geblieben waren, es stand auf dem handbreiten Rest der Fußböden, es war unter den Ansätzen der Ecken, wo es noch ein klein wenig Innenraum gab, zusammengekrochen. Man konnte sehen, daß es in der Farbe war, die es langsam, Jahr um Jahr, verwandelt hatte: Blau in schimmliches Grün, Grün in Grau und Gelb in ein altes, abgestandenes Weiß, das fault. Aber es war auch in den frischeren Stellen, die sich hinter Spiegeln, Bildern und Schränken erhalten hatten; denn es hatte ihre Umrisse gezogen und nachgezogen und war mit Spinnen und Staub auch auf diesen versteckten Plätzen gewesen, die jetzt bloßlagen. Es war in jedem Streifen, der abgeschunden war, es war in den feuchten Blasen am unteren Rande der Tapeten, es schwankte in den abgerissenen Fetzen, und aus den garstigen Flecken, die vor langer Zeit entstanden waren, schwitzte es aus. Und aus diesen blau, grün und gelb gewesenen Wänden, die eingerahmt waren von den Bruchbahnen der zerstörten Zwischenmauern, stand die Luft dieser Leben heraus, die zähe, träge, stockige Luft, die kein Wind noch zerstreut hatte. Da standen die Mittage und die Krankheiten und das Ausgeatmete und der jahrealte Rauch und der Schweiß, der unter den Schultern ausbricht und die Kleider schwer macht, und das Fade aus den Munden und der Fuselgeruch gärender Füße. Da stand das Scharfe vom Urin und das Brennen vom Ruß und grauer [751] Kartoffeldunst und der schwere, glatte Gestank von alterndem Schmalze. Der süße, lange Geruch von vernachlässigten Säuglingen war da und der Angstgeruch der Kinder, die in die Schule gehen, und das Schwüle aus den Betten mannbarer Knaben. Und vieles hatte sich dazugesellt, was von unten gekommen war, aus dem Abgrund der Gasse, die verdunstete, und anderes war von oben herabgesickert mit dem Regen, der über den Städten nicht rein ist. Und manches hatten die schwachen, zahm gewordenen Hauswinde, die immer in derselben Straße bleiben, zugetragen, und es war noch vieles da, wovon man den Ursprung nicht wußte. Ich habe doch gesagt, daß man alle Mauern abgebrochen hatte bis auf die letzte –? Nun von dieser Mauer spreche ich fortwährend. Man wird sagen, ich hätte lange davorgestanden; aber ich will einen Eid geben dafür, daß ich zulaufen begann, sobald ich die Mauer erkannt hatte. Denn das ist das Schreckliche, daß ich sie erkannt habe. Ich erkenne das alles hier, und darum geht es so ohne weiteres in mich ein: es ist zu Hause in mir.