Monday, May 31, 2010

Résumé p.241

.Mourir : sortie du monde du Dasein.
≠ Périr : sortie-du-monde du seulement vivant, finir propre au vivant.
≠ Exitus : mourir en termes physiologico-biologiques

§48 Excédent, fin et totalité.
.L’achèvement de la caractérisation ontologique de la fin et de la totalité requiert le dégagement de la structure formelle de la fin en général et de la totalité en général + un développement de ses possibles modifications structurelles régionales (dé-formalisées), déterminées à partir de l’être de l’étant « spécifique » concerné.
.Présuppose une interprétation positive suffisamment univoque des modes d’être qui exigent une division régionale du tout de l’étant.
.Exige une idée clarifiée de l’être en général.
.Ce qui est cherché par l’analyse ontologique de la fin et de la totalité doit être déjà présupposé comme trouvé et bien connu.

.« Modifications » de la fin et de la totalité qui doivent guider, à titre de déterminités ontologiques du Dasein, une interprétation originaire de cet étant.
.Les concepts de fin et de totalité sont-ils ontologiquement (in)adéquats au Dasein ?
.La récusation de tels concepts doit être prolongée en une assignation positive à leur région spécifique.
.Compréhension de la fin et de la totalité selon qu’elles se modifient en existentiaux > garantit la possibilité d’une interprétation ontologique de la mort.

>inversion méthodologique :
sections précédentes : la mort (d’autrui) ne permet pas la caractérisation originaire du Dasein comme totalité …
ici : une caractérisation existentiale de la totalité permettra une interprétation ontologique de la mort.

Summary of page 238

• Le Dasein des autres, avec la totalité qu’il atteint dans la mort, est aussi un ne-plus-être-là au sens d’un ne-plus-être-au-monde.
• Néanmoins, le ne-plus-être-au-monde du mort est un être sans plus sous-la-main d’une chose corporelle.
• Dans le mourir des autres peut être expérimenté le virage d’un étant du mode d’être du Dasein (ou de la vie) au ne-plus-être-là.
• La fin de l’étant comme Dasein est le commencement de cet étant comme sous-la-main.

• Cette interprétation du virage du Dasein au sans plus sous-la-main manque la réalité phénoménale, car l’étant qui ne fait plus que subsister ne devient pas pure chose corporelle.
• Le cadavre sous-la-main demeure un objet d’anatomie pathologique, discipline orientée sur l’idée de la vie.
• Ce qui n’est plus que sous-la-main est davantage qu’une chose matérielle inerte.
• Ce qui fait encontre avec cet étant, c’est de l’inanimé (Unlebendiges) qui a perdu la vie.

• Cette caractérisation de l’étant qui subsiste encore n’épuise pas la donnée phénoménale à la mesure du Dasein.

• Le défunt (Verstorbene) qui a été arraché à ceux qui restent (Hinterbliebenen), est l’objet de soins (e.g. pompe funèbre, enterrement, culte funéraire), car il est plus qu’un outil à-portée-de-la-main.
• Séjournant auprès de lui dans le deuil, les survivants sont avec lui, sur un mode de sollicitude honorifique.
• Le rapport au mort n’est pas l’être préoccupé auprès d’un étant à-portée-de-la-main.

• Même si le défunt n’est plus facticement là, l’être-avec signifie l’être-l’un-avec-l’autre dans le même monde.
• C’est à partir du monde quitté par le défunt que les survivants peuvent encore être avec lui.

• Un tel être-avec avec le mort n’expérimente pas le véritable être-venu-à-la-fin (Zuendegekommensein) du défunt.

Résumé p.240

Mienneté de la mort
.Impossible représentation de la venue-à-la-fin du Dasein qui lui procure sa totalité.
.« Nul ne peut prendre son mourir à autrui »
.La mort est toujours essentiellement mienne.
.La mort est ontologiquement constituée par la mienneté et l’existence.
.Dans le finir et l’être-tout du Dasein, il n’y a essentiellement point de représentation.

.Porter le phénomène de la mort à un concept purement existential – ou renoncer à sa compréhension ontologique.

Résumé p.239

Echec
.Etre-avec le mort ≠ expérimenter le véritable être-venu-à-la-fin du défunt.
.Nous n’expérimentons pas véritablement le mourir des autres.

.Sens ontologique du mourir de celui qui meurt
= possibilité d’être de son être
≠ mode d’être-là-avec et d’être-là-encore [nochdaseins] du défunt avec les survivants.

.La mort d’autrui ≠ analyse de la fin et de la totalité du Dasein.

.Présupposition : le Dasein peut être remplacé arbitrairement par autre chose : ce qui reste inexpérimentable dans le Dasein propre devient accessible dans le Dasein étranger.
.Infondée ?

Représentation du Dasein
.Etre-ensemble > représentabilité [Vertretbarkeit] d’un Dasein par un autre.
.Une telle représentation est toujours représentation dans la préoccupation pour qqchose.
.« On est » ce dont on s’occupe.
.La représentabilité appartient à titre de constituant à l’être-l’un-avec-l’autre.
.Ici, un Dasein peut, et même doit, dans certaines limites, « être » l’autre.
["être" l'autre [das andere "sein"]? ... what does that mean in Heideggerian?].

Résumé p.238

Virage du Dasein au sous-la-main
.Le Dasein des autres atteint la totalité dans la mort.
.Le ne-plus-être-au-monde du mort est un être sans plus sous-la-main d’une chose corporelle qui fait encontre.
.Mourir : virage d’un étant du mode d’être du Dasein (ou de la vie) au ne plus-être-là.
. « La fin de l’étant comme Dasein est le commencement de cet étant comme sous-la-main »

Dasein mort > sous-la-main
.Cette interprétation du virage du Dasein au sans plus sous-la-main manque la réalité phénoménale.
.L’étant qui ne fait plus que subsister ne devient pas pour autant pure chose corporelle.
.La compréhension du cadavre sous-la-main reste orientée sur l’idée de la vie.
.Ce qui n’est plus que sous-la-main est « davantage » qu’une chose matérielle inerte [ein lebloses materielles Ding]: de l’in-animé au sens de ce qui a perdu la vie.
.Cette caractérisation n’épuise pas la donnée phénoménale de la mort du Dasein.

Dasein mort > à-portée-de-la-main
.Le défunt ≠ le simple mort.
.Le défunt est l’objet de soins [besorgens].
.Il est encore plus qu’un outil à-portée-de-la-main.
.Les survivants sont avec lui, sur un mode de sollicitude [fürsorge] ≠ préoccupation auprès d’un étant à-portée-de-la-main [besorgendes].

Etre-avec le mort [Mitsein mit dem toten]
.L’être-avec [mitsein] signifie toujours l’être-l’un-avec-l’autre [miteinandersein] dans le même monde.
.C’est à partir de notre « monde » que les survivants peuvent être avec le mort.

Résumé p.237

.Notre argumentation a-t-elle saisi en un sens existential le n’être-pas-encore et le « en-avant-de-soi » ?
.Mort : biologique ou ontologico-existentiale ?
.Nécessité d’une caractérisation ontologique de l’être-à-la-fin propre au Dasein et d’obtention d’un concept existential de la mort.

§47 L’expérimentabilité de la mort des autres et la possibilité de saisie d’un Dasein en son tout.
.Atteindre sa totalité dans la mort = perdre l’être du là.
.Expérimenter le passage au ne-plus-être-là [nichtmehrdasein] demeure interdit au Dasein.
.La mort des autres ne s’en impose que plus fortement à lui.
.Un achèvement du Dasein devient « objectivement » accessible.
.En tant qu’essentiellement être-avec d’autres [mitsein mit anderen], le Dasein peut obtenir une expérience de la mort.
.Cette donation « objective » de la mort rend possible une délimitation ontologique de la totalité du Dasein.

Résumé p.236

Chapitre Premier
L’être-tout possible du Dasein et l’être pour la Mort
§46 L’impossibilité apparente d’une saisie et d’une détermination ontologiques de l’être-tout propre au Dasein.

.Le Dasein en tant qu’existant peut-il être accessible en son être-tout ?
.Divers arguments de poids, fondés sur la constitution d’être du dasein lui-même semblent établir l’impossibilité de la pré-donation exigée.

.Au souci répugne un être-tout possible du Dasein
.Le moment primaire du souci est le « en-avant-de-soi » [sichvorweg]
> le Dasein existe à chaque fois en-vue-de-soi-même [umwillen seiner selbst. Um-willen : à la faveur de]
.Il y a tjrs dans le Dasein un excédent [aussteht]: qqchose qui, en tant que pouvoir-être de lui-même, n’est pas encore devenu « effectif » [wirklich]
. « dans l’essence de la constitution fondamentale du Dasein, il y a donc un constant inachèvement » [ständige unabgeschlossenheit. Abgeschlossen : isolé. Abschließen: fermé].
.« la non-totalité signifie un excédent du pouvoir-être »
.Dasein sans excédent : ne-plus-être-là. Levée de son excédent d’être = anéantissement de son être.
.Le gain (de la totalité) est une perte (de l’être-au-monde).

.Impossibilité de déterminer le Dasein ontologiquement en son être-tout ≠ imperfection du pouvoir de connaissance.

.Désespoir ??

.N’est-ce pas au prix d’une argumentation purement formelle que nous avons exclu la possibilité d’une saisie du Dasein en son tout ?

Friday, May 28, 2010

Summary of page 237

• La question de la totalité du Dasein, aussi bien celle, existentielle (existenzielle), d’un pouvoir-être-tout possible que celle, existentiale (existenziale), de la constitution d’être de la fin et de la totalité, implique la tâche d’une analyse de phénomènes de l’existence qui ont été jusqu’ici tenus à l’écart.

§ 47. L’expérimentabilité de la mort des autres et la possibilité de saisie d’un Dasein en son tout.

• Atteindre sa totalité dans la mort, pour le Dasein, c’est perdre l’être du là.
• Le passage au ne-plus-être-là (Nichtmehrdasein) ôte au Dasein la possibilité d’expérimenter ce passage.
• Même si cela demeure interdit à chaque Dasein par rapport à lui-même, la mort des autres ne l’est pas.
• Un achèvement du Dasein devient alors objectivement accessible.
• Pour autant qu’il est être-avec, le Dasein peut obtenir une expérience de la mort.
• Cette donation objective de la mort doit rendre possible une délimitation ontologique de la totalité du Dasein.

Summary of page 236

• Est-ce que le Dasein en tant qu’existant peut devenir accessible en son être-tout ?
• La constitution d’être du Dasein semble interdire une telle possibilité.

• Au souci, tel qu’il forme la totalité du tout structurel du Dasein, répugne un être-tout possible de cet étant, car le moment primaire du souci, le en-avant-de-soi (Sichvorweg), signifie qu’il existe en-vue-de-soi-même (umwillen seiner selbts).
• Aussi longtemps qu’il est, jusqu’à sa fin, le Dasein se rapporte à son pouvoir-être.
• Ce moment structurel du souci indique qu’il y a encore dans le Dasein un excédent, quelque chose qui n’est pas encore devenu effectif (wirklich).
• Dans l’essence de la constitution du Dasein, il y a un constant inachèvement (Unabgeschlossenheit).
• La non-totalité signifie un excédent (Ausstand) du pouvoir-être.

• Dès l’instant que le Dasein « existe» de telle manière qu’en lui plus rien n’est en excédent, alors il est devenu un ne-plus-être-là (Nicht-mehr-da-sein).
• La levée de l’excédent d’être signifie l’anéantissement de son être.
• Aussi longtemps que le Dasein est, il n’a pas atteint sa totalité. S’il l’obtenait, alors ce gain deviendrait la perte de l’être-au-monde.

• La raison de l’impossibilité d’expérimenter le Dasein comme totalité ne s trouve pas dans une imperfection du pouvoir de connaissance, mais du côté de l’être de cet étant.

• Il ne saurait être question de supprimer le au-devant-de-soi (Sichvorweg) en tant que moment structurel essentiel du souci.

Sunday, May 23, 2010

Habermas on Heidegger

Habermas, Jürgen, Work and Weltanschauung: The Heidegger Controversy from a German Perspective [see secondary literature]

Summary of page 235

• Si la temporalité constitue le sens originaire d’être du Dasein, alors le souci a besoin de « temps ».
• La temporalité du Dasein élabore un compte du temps (Zeitrechnung).
• Le temps expérimenté en lui est l’aspect phénoménal immédiat de la temporalité.
• C’est de lui que provient la compréhension quotidienne-vulgaire du temps, laquelle se déploie dans le concept traditionnel du temps.

• La mise au jour (Aufhellung) de l’origine du temps où fait encontre l’étant intramondain, du temps comme intratemporalité (Innerzeitigkeit), manifeste une possibilité essentielle de temporalisation (wesenhafte Zeitigungsmöglichkeit) de la temporalité.
• Ainsi se prépare la compréhension d’une temporalisation (Zeitigung) encore plus originaire de la temporalité, dans laquelle se fonde la compréhension d’être constitutive du Dasein.
• Le projet d’un sens de l’être en général peut s’accomplir dans l’horizon du temps.
• Même si Kierkegaard s’est emparé du problème de l’existence comme problème existentiel (existenzielles), la problématique existentiale (existenziale) lui est si étrangère qu’il se tient dans la mouvance de Hegel et de la philosophie antique telle que dévoilée par lui.

Chapitre premier
L’être-tout possible du Dasein et l’être pour la mort


§ 46. L’impossibilité apparente d’une saisie (Erfassung) et d’une détermination ontologiques de l’être-tout propre au Dasein.

• La situation herméneutique dont procédait l’analyse antérieure du Dasein est insuffisante.

Friday, May 21, 2010

Help!

Note 1, page 235 :
« Au XIXème siècle, S. Kierkegaard s’est emparé expressément du problème de l’existence comme problème existentiel, et il l’a médité de façon pénétrante. Néanmoins, la problématique existentiale lui est si étrangère qu’il se tient, du point de vue ontologique, entièrement dans la mouvance de Hegel et de la philosophie antique telle que dévoilée par lui. Par suite, il y a plus à apprendre philosophiquement de ses écrits « édifiants » que de ses écrits théoriques — exception faite pour son essai sur Le concept d’angoisse. »

Could you unfold this ?

Résumé p.235

.Il faut que le souci ait besoin de temps
.La temporalité du Dasein élabore un compte du temps [Zeitrechnung] [time calculation]
.Temps expérimenté : aspect phénoménal du temps, compréhension quotidienne-vulgaire, concept traditionnel du temps.
.La mise au jour de l’origine du temps où fait encontre l’étant intramondain, du temps comme intratemporalité, manifeste une possibilité essentielle de temporalisation de la temporalité.
.Compréhension d’une temporalisation encore plus originaire de la temporalité en laquelle se fonde la compréhension d’être constitutive pour l’être du Dasein.

Thursday, May 20, 2010

Objectives de mon reglement de comptes avec M.H.

0) Méthodologie: je ne veux pas évaluer l'importance ou la portée de tel ou tel aspect du corpus heideggérien (e.g. the tool-analysis in G. Harman), mais le saisir dans sa fonction historique (par rapport à la révolution copernicienne kantienne, à la philosophie postcritique, à la modernité, etc.).

1) Régler de façon intra-philosophique le rapport entre l'œuvre de M.H. et le national-socialisme. National-socialisme, marxisme et capitalisme.

2) Localisation de la position heideggérienne à l'intérieure de la problématique transcendantale:

• Critique de l'idéalisme ontologique (Husserl) et de l'idéalisme épistémologique (Kant).
• Radicalisation de la réflexion transcendantale en déca de l’esthétique et de l’analytique transcendantales (existentiaux).

3) En quoi Heidegger fait-il avancer la question ontologique?

• Critique de la différence ontologique (i.e. de la thèse kantienne sur l’être). ver sun nouveau oubli de l'être...

4) Identifier la portée proprement philosophique de l'œuvre heideggérienne. Dans quelle mesure propose-t-il un nouveau nouement entre la science, l'art et la politique?

5) Heidegger et la philosophie moderne.

• Dans quelle mesure le sujet dont les existentiaux sont déployés par l’ontologie fondamentale est un sujet proprement moderne, voir un sujet contemporain de la science moderne ?

6) Heidegger vs. Hegel.

• Différence ontologique vs. continuité ontologique.
• Fundamentalisme vs. absolutisme.
• Temporalité et historicité chez Heidegger et Hegel.
• Heidegger-Hitler vs. Hegel-Marx.

Summary of page 234

• A cet excédent (Ausstand ; « what is still outstanding », « resto pendiente ») appartient la fin (Ende).
• La fin de l’être-au-monde est la mort.
• Cette fin appartenant au pouvoir-être, i.e. à l’existence, délimite la totalité à chaque fois possible du Dasein.
• La mort n’est que dans un être pour la mort existentiel.
• La structure existentiale de cet être se révèle comme la constitution ontologique du pouvoir-être-tout (Ganzseinkönnens) du Dasein.
• C’est le Dasein lui-même qui doit pré-donner (vorgeben) la guise de son existence authentique, si tant est que celle-ci ne puisse pas lui être ontiquement imposée.
• C’est la conscience (Gewissen) qui donne l’attestation (Bezeugung) d’un pouvoir-être authentique.
• Un pouvoir-être authentique du Dasein réside dans le vouloir-avoir-conscience (Gewissen-haben-wollen).
• Cette possibilité existentielle tend vers la déterminité existentielle par l’être pour la mort.

• En mettant en lumière un pouvoir-être-tout authentique (visible comme mode du souci), l’analytique existentiale s’assure de la constitution de l’être originaire du Dasein.

• Le fondement originaire de l’existentialité du Dasein est la temporalité (Zeitlichkeit).
• C’est à partir d’elle que la totalité structurelle de l’être du Dasein comme souci devient intelligible.
• Les structures ontologiques du Dasein déjà conquises doivent être rétrospectivement libérées quant à leur sens temporel.
• La quotidienneté se dévoile comme mode de la temporalité.
• Le Dasein est historial au fond de son être. En tant qu’historial il est capable d’élaborer une enquête historique.