• Le devancement se manifeste comme possibilité du pouvoir-être extrême le plus propre, i.e. comme possibilité d’une existence authentique.
• La mort est la possibilité la plus propre du Dasein.
• L’être pour celle-ci ouvre au Dasein son pouvoir-être le plus propre.
• Dans la possibilité insigne de lui-même, il demeure arraché au On. Il peut toujours, en devançant, s’y arracher.
• Le comprendre de ce « pouvoir » dévoile pour la première fois la perte factice dans la quotidienneté du On.
• La possibilité la plus propre est absolue (unbezügliche).
• Le Dasein a à assumer à partir de lui-même le pouvoir-être où il y va de son être le plus propre.
• La mort interpelle le Dasein en tant que singulier (einzelnes).
• L’absoluité de la mort isole le Dasein vers lui-même. Cet isolement est une guise de l’ouvrir du là pour l’existence.
• Tout être auprès de l’étant offert à la préoccupation et tout être-avec avec autrui cesse d’être pertinent à partir du moment où il y va du pouvoir-être le plus propre.
• Pourtant, la non-pertinence de la préoccupation et de la sollicitude ne signifie pas que celles-ci se trouvent détachées de l’être-soi-même authentique.
• En tant que structures essentielles de la constitution du Dasein, elles appartiennent à la condition de possibilité de l’existence.
• Le Dasein n’est authentiquement lui-même que pour autant qu’il se projette, en tant qu’ être préoccupé auprès... et en tant qu’être-avec, vers son pouvoir-être le plus propre.
• Le devancement dans la possibilité absolue force le Dasein à la possibilité d’assumer à partir de lui-même son être le plus propre.
Wednesday, June 30, 2010
Résumé p.263
.devancement : possibilité d’existence authentique.
.déterminer les caractères de l’ouvrir devançant qui doivent nécessairement appartenir à la structure concrète du devancement dans la mort.

Europa, Lars Von Trier
.le comprendre
≠ fixer du regard un sens
= se comprendre dans le pouvoir-être qui se dévoile dans le projet
Mort : pouvoir-être le plus propre
.dans la possibilité insigne de lui-même, le Dasein peut chaque fois s’arracher au On.
.le comprendre de ce « pouvoir » dévoile pour la première fois la perte factice dans la quotidienneté du On-même.
Mort : possibilité absolue
.la mort interpelle le Dasein en tant que singulier
.l’absoluité de la mort isole le Dasein vers lui-même

Epidemic, Lars Von Trier.
.isolement : guise de l’ouvrir du « là » pour l’existence

Europa, Lars Von Trier.
.tout être auprès de l’étant (préoccupation) et avec autrui (sollicitude) cesse d’être pertinent

Epidemic, Lars Von Trier.
.« le Dasein ne peut être authentiquement lui-même que s’il s’y dispose à partir de lui-même »
.la préoccupation et la sollicitude ne sont pas détachées de l’être-soi-même authentique. En tant que structures essentielles de la constitution du Dasein, elles appartiennent conjointement à la condition de possibilité de l’existence en général. C’est en tant que préoccupé et éclairé par la sollicitude que le Dasein se jette authentiquement vers son pouvoir-être le plus propre.
.déterminer les caractères de l’ouvrir devançant qui doivent nécessairement appartenir à la structure concrète du devancement dans la mort.

Europa, Lars Von Trier
.le comprendre
≠ fixer du regard un sens
= se comprendre dans le pouvoir-être qui se dévoile dans le projet
Mort : pouvoir-être le plus propre
.dans la possibilité insigne de lui-même, le Dasein peut chaque fois s’arracher au On.
.le comprendre de ce « pouvoir » dévoile pour la première fois la perte factice dans la quotidienneté du On-même.
Mort : possibilité absolue
.la mort interpelle le Dasein en tant que singulier
.l’absoluité de la mort isole le Dasein vers lui-même

Epidemic, Lars Von Trier.
.isolement : guise de l’ouvrir du « là » pour l’existence

Europa, Lars Von Trier.
.tout être auprès de l’étant (préoccupation) et avec autrui (sollicitude) cesse d’être pertinent

Epidemic, Lars Von Trier.
.« le Dasein ne peut être authentiquement lui-même que s’il s’y dispose à partir de lui-même »
.la préoccupation et la sollicitude ne sont pas détachées de l’être-soi-même authentique. En tant que structures essentielles de la constitution du Dasein, elles appartiennent conjointement à la condition de possibilité de l’existence en général. C’est en tant que préoccupé et éclairé par la sollicitude que le Dasein se jette authentiquement vers son pouvoir-être le plus propre.
Tuesday, June 29, 2010
Résumé p.262
Attente
.le Dasein peut se rapporter à un possible en sa possibilité sur le mode de l’attente.
.même mode d’être que pour l’être-ouvert préoccupé à qqchose ?
.tout attendre : possible du point de vue de la question de savoir si, quand et comment il peut devenir sous-la-main ; attend la réalisation possible.
.« même dans l’attente, nous nous détachons du possible pour prendre pied dans cet effectif pour lequel l’attendu est attendu. C’est à partir de l’effectif et en direction de lui que le possible est entraîné par l’attente dans l’effectif »
.l’être pour la possibilité en tant qu’être pour la mort doit se rapporter à la mort de manière à ce qu’elle se dévoile comme possibilité.
.devancement dans la possibilité.
.cet approchement ne tend pas à rendre un effectif disponible à la préoccupation.
.la possibilité du possible devient plus grande. [??]
.« la proximité la plus proche de l’être pour la mort comme possibilité est aussi éloignée que possible d’un effectif »
.« possibilité de l’impossibilité de l’existence en général »
.la mort comme possibilité ne donne au Dasein rien à réaliser et rien qu’il pourrait être lui-même en tant qu’effectif.
.l’être pour la mort comme devancement dans la possibilité possibilise cette possibilité [Das Sein zum Tode als Vorlaufen in die Möglichkeit ermöglicht allererst diese Möglichkeit].
.devancement : se projeter vers son pouvoir-être le plus propre : pouvoir se comprendre soi-même dans l’être de l’étant ainsi dévoilé : exister.
.le Dasein peut se rapporter à un possible en sa possibilité sur le mode de l’attente.
.même mode d’être que pour l’être-ouvert préoccupé à qqchose ?
.tout attendre : possible du point de vue de la question de savoir si, quand et comment il peut devenir sous-la-main ; attend la réalisation possible.
.« même dans l’attente, nous nous détachons du possible pour prendre pied dans cet effectif pour lequel l’attendu est attendu. C’est à partir de l’effectif et en direction de lui que le possible est entraîné par l’attente dans l’effectif »
.l’être pour la possibilité en tant qu’être pour la mort doit se rapporter à la mort de manière à ce qu’elle se dévoile comme possibilité.
.devancement dans la possibilité.
.cet approchement ne tend pas à rendre un effectif disponible à la préoccupation.
.la possibilité du possible devient plus grande. [??]
.« la proximité la plus proche de l’être pour la mort comme possibilité est aussi éloignée que possible d’un effectif »
.« possibilité de l’impossibilité de l’existence en général »
.la mort comme possibilité ne donne au Dasein rien à réaliser et rien qu’il pourrait être lui-même en tant qu’effectif.
.l’être pour la mort comme devancement dans la possibilité possibilise cette possibilité [Das Sein zum Tode als Vorlaufen in die Möglichkeit ermöglicht allererst diese Möglichkeit].
.devancement : se projeter vers son pouvoir-être le plus propre : pouvoir se comprendre soi-même dans l’être de l’étant ainsi dévoilé : exister.
Summary of page 262
• Avec l’analyse de l’attente, on rencontre le même mode d’être pour le possible que celui à propos de l’être préoccupé à quelque chose.
• Tout attendre comprend son possible du point de vue de la question de savoir comment il peut devenir sous-la-main, en se détournant ainsi du possible pour se tourner vers sa réalisation.
• C’est à partir de l’effectif (Wirklichen) et en direction de lui que le possible est entraîné par l’attente.
• L’être pour la possibilité en tant qu’être pour la mort doit se rapporter à elle de telle manière qu’elle se dévoile comme possibilité.
• Un tel être pour la possibilité, nous le saisissons en tant que devancement dans la possibilité (Vorlaufen in die Möglichkeit).
• Cet approchement du possible ne tend pas vers sa réalisation, mais, dans cette approche, la possibilité du possible devient plus grande.
• La proximité la plus proche de l’être pour la mort comme possibilité est aussi éloignée que possible d’un effectif (einem Wirklichen).
• Une telle possibilité est la possibilité de l’impossibilité de l’existence en général.
• La mort comme possibilité ne donne au Dasein rien à « réaliser » (zu Verwirklichendes).
• Elle est la possibilité de l’impossibilité de tout exister (jedes Existierens).
• Dans le devancement dans cette possibilité, celle-ci devient toujours plus grande, c'est-à-dire qu'elle se dévoile comme une possibilité qui signifie la possibilité de l’impossibilité sans mesure de l’existence.
• Cette possibilité n’offre aucun point d’appui pour se figurer (sich auszumalen) l’effectif possible et oublier la possibilité.
• L’être pour la mort comme devancement dans la possibilité libère pour la première fois cette possibilité en tant que telle.
• L’être pour la mort est devancement dans un pouvoir-être de l’étant dont le mode d’être est le devancement même.
• Dans le dévoilement devançant de ce pouvoir-être, le Dasein s’ouvre à lui-même quant à sa possibilité extrême.
• Se projeter vers son pouvoir-être le plus propre veut dire : exister.
• Tout attendre comprend son possible du point de vue de la question de savoir comment il peut devenir sous-la-main, en se détournant ainsi du possible pour se tourner vers sa réalisation.
• C’est à partir de l’effectif (Wirklichen) et en direction de lui que le possible est entraîné par l’attente.
• L’être pour la possibilité en tant qu’être pour la mort doit se rapporter à elle de telle manière qu’elle se dévoile comme possibilité.
• Un tel être pour la possibilité, nous le saisissons en tant que devancement dans la possibilité (Vorlaufen in die Möglichkeit).
• Cet approchement du possible ne tend pas vers sa réalisation, mais, dans cette approche, la possibilité du possible devient plus grande.
• La proximité la plus proche de l’être pour la mort comme possibilité est aussi éloignée que possible d’un effectif (einem Wirklichen).
• Une telle possibilité est la possibilité de l’impossibilité de l’existence en général.
• La mort comme possibilité ne donne au Dasein rien à « réaliser » (zu Verwirklichendes).
• Elle est la possibilité de l’impossibilité de tout exister (jedes Existierens).
• Dans le devancement dans cette possibilité, celle-ci devient toujours plus grande, c'est-à-dire qu'elle se dévoile comme une possibilité qui signifie la possibilité de l’impossibilité sans mesure de l’existence.
• Cette possibilité n’offre aucun point d’appui pour se figurer (sich auszumalen) l’effectif possible et oublier la possibilité.
• L’être pour la mort comme devancement dans la possibilité libère pour la première fois cette possibilité en tant que telle.
• L’être pour la mort est devancement dans un pouvoir-être de l’étant dont le mode d’être est le devancement même.
• Dans le dévoilement devançant de ce pouvoir-être, le Dasein s’ouvre à lui-même quant à sa possibilité extrême.
• Se projeter vers son pouvoir-être le plus propre veut dire : exister.
Monday, June 28, 2010
Résumé p.261
.être pour la mort = être pour une possibilité insigne du Dasein = être pour un possible.
.être ouvert à un possible sous la forme d’une préoccupation pour sa réalisation. Tendance à anéantir la possibilité du possible [Möglichkeit des Möglichen] en le rendant disponible.
.comment l’être-ouvert se rapporte au possible?
.pas dans une considération thématico-théorique du possible comme possible.
.de manière telle que la possibilité s’écarte circon-spectivement du possible pour se tourner vers le possible-pour-quoi [es umsichtig von dem Möglichen wegsieht auf das Wofür-möglich].
.être pour la mort ≠ être ouvert préoccupé à la réalisation de ce possible.
..la mort n’est pas un à-portée-de-la-main ou un sous-la-main possible mais une possibilité d’être du Dasein.
..la préoccupation pour la réalisation du possible qu’est la mort devrait signifier une provocation du décès. Oterait le sol nécessaire à un être existant pour la mort.
.être-pour-la-mort
≠ réalisation
≠ séjourner auprès de la fin en sa possibilité (= pensée, rumination de la mort). Affaiblit la mort par une volonté calculatrice de disposer d’elle (médite la possibilité, le moment et la manière dont elle pourrait se réaliser).
.pour la mort, la possibilité doit être comprise, configurée, soutenue sans aucune atténuation en tant que possibilité.
.être ouvert à un possible sous la forme d’une préoccupation pour sa réalisation. Tendance à anéantir la possibilité du possible [Möglichkeit des Möglichen] en le rendant disponible.
.comment l’être-ouvert se rapporte au possible?
.pas dans une considération thématico-théorique du possible comme possible.
.de manière telle que la possibilité s’écarte circon-spectivement du possible pour se tourner vers le possible-pour-quoi [es umsichtig von dem Möglichen wegsieht auf das Wofür-möglich].
.être pour la mort ≠ être ouvert préoccupé à la réalisation de ce possible.
..la mort n’est pas un à-portée-de-la-main ou un sous-la-main possible mais une possibilité d’être du Dasein.
..la préoccupation pour la réalisation du possible qu’est la mort devrait signifier une provocation du décès. Oterait le sol nécessaire à un être existant pour la mort.
.être-pour-la-mort
≠ réalisation
≠ séjourner auprès de la fin en sa possibilité (= pensée, rumination de la mort). Affaiblit la mort par une volonté calculatrice de disposer d’elle (médite la possibilité, le moment et la manière dont elle pourrait se réaliser).
.pour la mort, la possibilité doit être comprise, configurée, soutenue sans aucune atténuation en tant que possibilité.
Summary of page 261
• L’être pour la mort est un être pour une possibilité insigne du Dasein.
• Être pour une possibilité peut signifier : être préoccupé pour sa réalisation.
• Cet être préoccupé a la tendance à anéantir la possibilité du possible en le rendant disponible.
• La réalisation préoccupée d’un outil sous-la-main est toujours relative, car le réalisé, en restant caractérisé par un pour... (Um-zu), a le caractère d’être de la tournure (Bewandtnis).
• L’être préoccupé se rapporte au possible, non pas dans une considération théorique du possible comme possible, mais de manière telle qu’elle s’écarte circonspectivement (umsichtig) du possible pour se tourner vers (wegsieht) le possible-pour-quoi.
• L’être pour la mort ne saurait avoir le caractère de l’être préoccupé à sa réalisation, car la mort n’est pas un à-portée-de-la-main ou un sous-la-main possible.
• En plus, la préoccupation pour la réalisation de ce possible signifierait une provocation du décès.
• La « pensée de la mort » médite le moment et la manière dont elle pourrait bien se réaliser.
• Cette rumination de la mort affaiblit la mort par une volonté calculatrice de disposer d’elle : la mort doit manifester aussi peu que possible de sa possibilité.
• Dans l’être pour la mort, au contraire, la possibilité doit être comprise sans aucune atténuation en tant que possibilité.
• Le Dasein peut également se rapporter à un possible sur le mode de l’attente (Erwarten).
• Être pour une possibilité peut signifier : être préoccupé pour sa réalisation.
• Cet être préoccupé a la tendance à anéantir la possibilité du possible en le rendant disponible.
• La réalisation préoccupée d’un outil sous-la-main est toujours relative, car le réalisé, en restant caractérisé par un pour... (Um-zu), a le caractère d’être de la tournure (Bewandtnis).
• L’être préoccupé se rapporte au possible, non pas dans une considération théorique du possible comme possible, mais de manière telle qu’elle s’écarte circonspectivement (umsichtig) du possible pour se tourner vers (wegsieht) le possible-pour-quoi.
• L’être pour la mort ne saurait avoir le caractère de l’être préoccupé à sa réalisation, car la mort n’est pas un à-portée-de-la-main ou un sous-la-main possible.
• En plus, la préoccupation pour la réalisation de ce possible signifierait une provocation du décès.
• La « pensée de la mort » médite le moment et la manière dont elle pourrait bien se réaliser.
• Cette rumination de la mort affaiblit la mort par une volonté calculatrice de disposer d’elle : la mort doit manifester aussi peu que possible de sa possibilité.
• Dans l’être pour la mort, au contraire, la possibilité doit être comprise sans aucune atténuation en tant que possibilité.
• Le Dasein peut également se rapporter à un possible sur le mode de l’attente (Erwarten).
Friday, June 25, 2010
Lacan, La peur, L'angoisse
« Une chose est certaine, c’est la différence radicale entre les deux sentiments, le sentiment de peur et le sentiment d’angoisse, lequel apparait lorsque l’enfant [le petit Hans] se sent tout d’un coup lui-même comme quelque chose qui peut être mis complètement hors jeu. […] le sol se dérobe sous ses pieds. L’enfant conçoit alors qu’il ne peut plus remplir d’aucune façon sa fonction, n’être plus rien […]. L’angoisse […] est quelque chose qui est sans objet. […] La peur concerne toujours quelque chose d’articulable, de nommable, de réel […]. »
Lacan, La relation d’objet, Séminaire IV. Seuil. pp. 244-5.
Comparer avec Sein und Zeit § 30, 39, 40 ; en particulier, §40, pp.185-8:
« le devant-quoi de la peur est à chaque fois un étant intramondain, faisant approche vers la proximité à partir d’une contrée déterminée, importun, mais pouvant aussi bien rester éloigné. Or dans l’échéance, le Dasein se détourne de lui-même. Le devant-quoi de ce recul doit en général avoir le caractère de la menace, et pourtant, c’est un étant de même mode d’être que l’étant même qui recule, c’est le Dasein lui-même. Le devant-quoi de ce recul ne peut donc pas être saisi comme du « redoutable », puisque le redoutable ne fait jamais encontre que comme étant intramondain. La menace qui peut seule être « redoutable » et qui est découverte dans la peur provient toujours de l’étant intramondain. Par suite, le détournement propre à l’échéance n’est pas non plus une fuite qui se fonderait sur la peur devant un étant intramondain. Un tel caractère dérivé de fuite revient si peu à ce détournement que tout au contraire il se tourne vers l’étant intramondain en tant qu’il s’identifie à lui. Le détournement de l’échéance se fonde bien plutôt dans l’angoisse, qui à son tour rend tout d’abord possible la peur.
Pour comprendre cette idée de la fuite échéante du Dasein devant lui-même, il faut se rappeler l’être-au-monde comme constitution fondamentale de cet étant. Le devant-quoi de l’angoisse est l’être-au-monde comme tel. Comment ce devant quoi l’angoisse s’angoisse se distingue-t-il de ce devant quoi la peur prend peur ? Réponse : le devant-quoi de l’angoisse n’est pas un étant intramondain. Dès lors, ce n’est plus de celui-ci qu’il peut retourner. La menace n’a pas le caractère d’une importunité déterminée qui frapperait l’étant, menace du point de vue déterminé d’un pouvoir-être factice particulier. Le devant-quoi de l’angoisse est complètement indéterminé. Non seulement cette indéterminité laisse factuellement indécis quel étant intramondain menace, mais elle signifie qu’en général ce n’est pas l’étant intramondain qui est « pertinent ». Rien de ce qui est à-portée-de-la-main et sous-la-main à l’intérieur du monde ne fonctionne comme ce devant-quoi l’angoisse s’angoisse. La totalité de tournure de l’à-portée-de-la-main et du sous-la-main découverte de manière intramondaine est comme telle absolument sans importance. Elle s’effondre. [...] Le s’angoisser ouvre originairement et directement le monde comme monde. [...] L’angoisse ôte ainsi au Dasein la possibilité de se comprendre de manière échéante à partir du « monde » et de l’être-explicité public. [...] l’angoisse ouvre le Dasein comme être-possible, plus précisément comme ce qu’il ne peut être qu’à partir de lui-même, seul, dans l’isolement. »
Lacan, La relation d’objet, Séminaire IV. Seuil. pp. 244-5.
Comparer avec Sein und Zeit § 30, 39, 40 ; en particulier, §40, pp.185-8:
« le devant-quoi de la peur est à chaque fois un étant intramondain, faisant approche vers la proximité à partir d’une contrée déterminée, importun, mais pouvant aussi bien rester éloigné. Or dans l’échéance, le Dasein se détourne de lui-même. Le devant-quoi de ce recul doit en général avoir le caractère de la menace, et pourtant, c’est un étant de même mode d’être que l’étant même qui recule, c’est le Dasein lui-même. Le devant-quoi de ce recul ne peut donc pas être saisi comme du « redoutable », puisque le redoutable ne fait jamais encontre que comme étant intramondain. La menace qui peut seule être « redoutable » et qui est découverte dans la peur provient toujours de l’étant intramondain. Par suite, le détournement propre à l’échéance n’est pas non plus une fuite qui se fonderait sur la peur devant un étant intramondain. Un tel caractère dérivé de fuite revient si peu à ce détournement que tout au contraire il se tourne vers l’étant intramondain en tant qu’il s’identifie à lui. Le détournement de l’échéance se fonde bien plutôt dans l’angoisse, qui à son tour rend tout d’abord possible la peur.
Pour comprendre cette idée de la fuite échéante du Dasein devant lui-même, il faut se rappeler l’être-au-monde comme constitution fondamentale de cet étant. Le devant-quoi de l’angoisse est l’être-au-monde comme tel. Comment ce devant quoi l’angoisse s’angoisse se distingue-t-il de ce devant quoi la peur prend peur ? Réponse : le devant-quoi de l’angoisse n’est pas un étant intramondain. Dès lors, ce n’est plus de celui-ci qu’il peut retourner. La menace n’a pas le caractère d’une importunité déterminée qui frapperait l’étant, menace du point de vue déterminé d’un pouvoir-être factice particulier. Le devant-quoi de l’angoisse est complètement indéterminé. Non seulement cette indéterminité laisse factuellement indécis quel étant intramondain menace, mais elle signifie qu’en général ce n’est pas l’étant intramondain qui est « pertinent ». Rien de ce qui est à-portée-de-la-main et sous-la-main à l’intérieur du monde ne fonctionne comme ce devant-quoi l’angoisse s’angoisse. La totalité de tournure de l’à-portée-de-la-main et du sous-la-main découverte de manière intramondaine est comme telle absolument sans importance. Elle s’effondre. [...] Le s’angoisser ouvre originairement et directement le monde comme monde. [...] L’angoisse ôte ainsi au Dasein la possibilité de se comprendre de manière échéante à partir du « monde » et de l’être-explicité public. [...] l’angoisse ouvre le Dasein comme être-possible, plus précisément comme ce qu’il ne peut être qu’à partir de lui-même, seul, dans l’isolement. »
Summary of page 260
• L’être pour la mort authentique signifie une possibilité existentielle du Dasein.
• Ce pouvoir-être ontique doit être ontologiquement possible.
§ 53. Projet existential d’un être authentique pour la mort.
• Facticement, le Dasein se tient de prime abord et le plus souvent dans un être pour la mort inauthentique.
• Le Dasein est constitué par l’ouverture, i.e. par un comprendre affecté.
• Un être pour la mort authentique ne peut pas reculer (ausweichen) devant la possibilité la plus propre, absolue, ni la recouvrir (verdecken) dans cette fuite, ni la réinterpréter (umdeuten) dans le sens de la compréhensivité du On.
• Ce pouvoir-être ontique doit être ontologiquement possible.
§ 53. Projet existential d’un être authentique pour la mort.
• Facticement, le Dasein se tient de prime abord et le plus souvent dans un être pour la mort inauthentique.
• Le Dasein est constitué par l’ouverture, i.e. par un comprendre affecté.
• Un être pour la mort authentique ne peut pas reculer (ausweichen) devant la possibilité la plus propre, absolue, ni la recouvrir (verdecken) dans cette fuite, ni la réinterpréter (umdeuten) dans le sens de la compréhensivité du On.
Summary of page 259
• La mort est, en tant que fin du Dasein, dans l’être de cet étant pour sa fin.
• Que même le Dasein quotidien soit pour sa fin montre que cette fin n’est pas quelque chose où le Dasein arriverait lors de son décès.
• Dans le Dasein l’extrême ne-pas-encore est toujours déjà engagé.
• L’inférence qui conclurait de son ne-pas-encore à sa non-totalité est illégitime.
• Le phénomène du ne-pas-encore pensé à partir du en-avant-de-soi n’est pas une instance contre un être-tout possible.
• Le souci doit être pensé en connexion avec la mort comme possibilité extrême.
• L’être pour la mort se fonde dans le souci.
• En tant qu’être-au-monde jeté, le Dasein est toujours remis à sa mort.
• Étant pour sa mort, il meurt facticement et constamment aussi longtemps qu’il n’est pas venu à son décès.
• Le Dasein s’est toujours déjà, en son être pour la mort, décidé de telle ou telle manière.
• Le recul quotidien devant elle est un être inauthentique pour la mort.
• L’inauthenticité a une possible authenticité à son fondement.
• Parce que le Dasein existe, il se détermine à chaque fois à partir d’une possibilité qu’il est.
• Que même le Dasein quotidien soit pour sa fin montre que cette fin n’est pas quelque chose où le Dasein arriverait lors de son décès.
• Dans le Dasein l’extrême ne-pas-encore est toujours déjà engagé.
• L’inférence qui conclurait de son ne-pas-encore à sa non-totalité est illégitime.
• Le phénomène du ne-pas-encore pensé à partir du en-avant-de-soi n’est pas une instance contre un être-tout possible.
• Le souci doit être pensé en connexion avec la mort comme possibilité extrême.
• L’être pour la mort se fonde dans le souci.
• En tant qu’être-au-monde jeté, le Dasein est toujours remis à sa mort.
• Étant pour sa mort, il meurt facticement et constamment aussi longtemps qu’il n’est pas venu à son décès.
• Le Dasein s’est toujours déjà, en son être pour la mort, décidé de telle ou telle manière.
• Le recul quotidien devant elle est un être inauthentique pour la mort.
• L’inauthenticité a une possible authenticité à son fondement.
• Parce que le Dasein existe, il se détermine à chaque fois à partir d’une possibilité qu’il est.
Chaque fois unique, la fin du monde
« Avoir un ami : le regarder, le suivre des yeux, l’admirer dans l’amitié, c’est savoir de façon un peu plus intense, et d’avance meurtrie, toujours insistante, inoubliable de plus en plus, que l’un des deux fatalement verra mourir l’autre. L’un de nous – se dit chacun - l’un de nous deux, il y aura ce jour, se verra ne plus voir l’autre et le portera en lui un temps encore, suivant des yeux sans voir, le monde suspendu à quelque larme unique, chaque fois unique, à travers laquelle tout désormais, le monde même, viendra, et il y aura ce jour, se refléter en tremblant, réfléchir la disparition même : le monde, le monde entier, le monde même car la mort ne nous prive pas seulement de quelque vie dans le monde ou d’un moment de nous, mais chaque fois, sans limite, de quelqu’un par qui le monde, et d’abord notre monde, se sera ouvert de façon tout ensemble finie et infinie, mortellement infinie, et c’est ce que porte encore le témoignage trouble et transparent de ladite larme, celle petite, mais infiniment, que le deuil des amis traverse et endure avant même la mort, et singulièrement, toujours irremplaçable. […] Ce qui prend fin, […] ce n’est pas seulement ceci ou cela, que nous aurions partagé à un moment ou à un autre, ici ou là, c’est le monde même, une certaine origine du monde, la sienne sans doute mais celle aussi du monde dans lequel j’ai vécu, nous avions vécu une histoire unique, de toute façon irremplaçable et qui aura eu tel ou tel sens pour l’un ou l’autre d’entre nous, même si ce ne put être le même, ni le même que pour lui ; c’est un monde qui est pour nous le monde, le seul monde, et qui sombre dans un gouffre dont aucune mémoire – même si nous gardons la mémoire, et nous garderons la mémoire – ne pourra le sauver. »
Jacques Derrida
Jacques Derrida
Existentiel/Existential ??
« Le projet d’une possibilité existentiale d’un pouvoir-être existentiel aussi problématique... » (p.260). Le pouvoir-être (inauthentique et/ou authentique) est donc existentiel ? N’est-il pas existentiel et donc existential ? Si « la détermination conceptuelle existentiale s’accompagne d’une absence d’obligation existentielle » (p.248), n’est-il pourtant pas le cas qu’un mode d’être existentiel s’accompagne d’une obligation existentiale ? Ou bien ?
Résumé p.260
§53 Projet existential d’un être authentique pour la mort
.facticement, le dasein se tient de prime abord et le plus souvent dans un être pour la mort inauthentique [Faktisch hält sich das Dasein zunächst und zumeist in einem uneigentlichen Sein zum Tode].
.le projet d’une possibilité existentiale d’un pouvoir-être authentique pour la mort, alors même qu’existentiellement le Dasein ne se rapporte jamais authentiquement à sa fin, ou qu’elle demeure retirée aux autres, doit pouvoir se baser sur la caractérisation du concept existential de la mort (indications positives) et de l’être pour la mort inauthentique (indications prohibitives).
.le Dasein est constitué par l’ouverture, c’est-à-dire par un comprendre affecté [Das Dasein wird konstituiert durch die Erschlossenheit, das ist durch ein befindliches Verstehen].
.un être pour la mort authentique est non-fuyant et non-recouvrant : ne peut pas reculer devant la possibilité la plus propre, absolue, ni la recouvrir dans cette fuite, ni la réinterpréter dans le sens de la compréhensivité du On.
.facticement, le dasein se tient de prime abord et le plus souvent dans un être pour la mort inauthentique [Faktisch hält sich das Dasein zunächst und zumeist in einem uneigentlichen Sein zum Tode].
.le projet d’une possibilité existentiale d’un pouvoir-être authentique pour la mort, alors même qu’existentiellement le Dasein ne se rapporte jamais authentiquement à sa fin, ou qu’elle demeure retirée aux autres, doit pouvoir se baser sur la caractérisation du concept existential de la mort (indications positives) et de l’être pour la mort inauthentique (indications prohibitives).
.le Dasein est constitué par l’ouverture, c’est-à-dire par un comprendre affecté [Das Dasein wird konstituiert durch die Erschlossenheit, das ist durch ein befindliches Verstehen].
.un être pour la mort authentique est non-fuyant et non-recouvrant : ne peut pas reculer devant la possibilité la plus propre, absolue, ni la recouvrir dans cette fuite, ni la réinterpréter dans le sens de la compréhensivité du On.
Requiem
« J’ai des morts, et je n’ai pas voulu les retenir,
et je fus étonné de les voir si tranquilles,
si vite chez eux dans l’être-mort, si légitimes,
si différents de ce que l’on croit. … »

« Notre effroi quand tu mourus, ou cette interruption que fut
pour nous ta mort vigoureuse, non, ce n’est rien de tout cela :
cela, c’est notre affaire ; y mettre ordre sera
la même tâche que nous accomplissons avec tout.
Mais que toi-même, tu aies été saisie d’effroi, que maintenant
encore, tu connaisses la peur, là où la peur n’a plus cours ;
… »
« Alors un hasard t’emporta, ton ultime hasard,
t'arrachant au point extrême de ton avancée pour te ramener
vers un monde où les sèves veulent.
Il ne t’emporta pas toute entière ; il n’arracha d’abord qu’une parcelle,
mais quand autour de celle-ci, jour après jour,
la réalité s’accrut, au point de la rendre pesante,
alors tu eus besoin d’être là toute entière : et tu partis alors,
te soustrayant à la Loi, fragment par fragment,
péniblement : parce que tu avais besoin de toi-même. Alors
tu te défis, bêchant la terre de ton cœur
pour reprendre à sa chaude nuit les semences encore vertes
d’où aurait dû germer ta mort : la tienne,
ta mort à toi, pour la vie de nulle autre.
Et tu les as mangées, les graines de ta mort,
… »
Rainer Maria Rilke. Requiem. Pour une amie (1908).
Illustration: Alexandre Hollan.
et je fus étonné de les voir si tranquilles,
si vite chez eux dans l’être-mort, si légitimes,
si différents de ce que l’on croit. … »

« Notre effroi quand tu mourus, ou cette interruption que fut
pour nous ta mort vigoureuse, non, ce n’est rien de tout cela :
cela, c’est notre affaire ; y mettre ordre sera
la même tâche que nous accomplissons avec tout.
Mais que toi-même, tu aies été saisie d’effroi, que maintenant
encore, tu connaisses la peur, là où la peur n’a plus cours ;
… »
« Alors un hasard t’emporta, ton ultime hasard,
t'arrachant au point extrême de ton avancée pour te ramener
vers un monde où les sèves veulent.
Il ne t’emporta pas toute entière ; il n’arracha d’abord qu’une parcelle,
mais quand autour de celle-ci, jour après jour,
la réalité s’accrut, au point de la rendre pesante,
alors tu eus besoin d’être là toute entière : et tu partis alors,
te soustrayant à la Loi, fragment par fragment,
péniblement : parce que tu avais besoin de toi-même. Alors
tu te défis, bêchant la terre de ton cœur
pour reprendre à sa chaude nuit les semences encore vertes
d’où aurait dû germer ta mort : la tienne,
ta mort à toi, pour la vie de nulle autre.
Et tu les as mangées, les graines de ta mort,
… »
Rainer Maria Rilke. Requiem. Pour une amie (1908).
Illustration: Alexandre Hollan.
Thursday, June 24, 2010
Summary of page 258
• Cet « autrement » se voile aux yeux de la quotidienneté.
• Avec la supériorité apparemment sans angoisse vis-à-vis de la mort, la quotidienneté concède une certitude « plus haute » que la certitude empirique.
• La quotidienneté échéante du Dasein connaît la certitude de la mort et esquive néanmoins l’être-certain.
• Cette esquive atteste que la mort doit être conçue comme la possibilité la plus propre, absolue, indépassable, certaine.
• On dit : la mort vient certainement, mais pas encore. Avec ce « mais », le On dénie à la mort la certitude.
• La quotidienneté se presse vers la préoccupation et se détourne de la pensée oisive de la mort, laquelle est renvoyée à un jour à venir.
• Le On recouvre ainsi cette spécificité de la certitude de la mort : être possible à tout instant.
• Avec la certitude de la mort se concilie l’indétermination de son quand.
• La préoccupation quotidienne se détermine l’indéterminité de la mort de telle manière qu’elle interpose devant elle les possibilités contrôlables du quotidien.
• Le caractère de possibilité le plus propre de la mort est qu’elle est certaine et en même temps indéterminée, c’est-à-dire possible à tout instant.
• La mort comme fin du Dasein est la possibilité la plus propre, absolue, certaine et comme telle indéterminée, indépassable du Dasein.
• Avec la supériorité apparemment sans angoisse vis-à-vis de la mort, la quotidienneté concède une certitude « plus haute » que la certitude empirique.
• La quotidienneté échéante du Dasein connaît la certitude de la mort et esquive néanmoins l’être-certain.
• Cette esquive atteste que la mort doit être conçue comme la possibilité la plus propre, absolue, indépassable, certaine.
• On dit : la mort vient certainement, mais pas encore. Avec ce « mais », le On dénie à la mort la certitude.
• La quotidienneté se presse vers la préoccupation et se détourne de la pensée oisive de la mort, laquelle est renvoyée à un jour à venir.
• Le On recouvre ainsi cette spécificité de la certitude de la mort : être possible à tout instant.
• Avec la certitude de la mort se concilie l’indétermination de son quand.
• La préoccupation quotidienne se détermine l’indéterminité de la mort de telle manière qu’elle interpose devant elle les possibilités contrôlables du quotidien.
• Le caractère de possibilité le plus propre de la mort est qu’elle est certaine et en même temps indéterminée, c’est-à-dire possible à tout instant.
• La mort comme fin du Dasein est la possibilité la plus propre, absolue, certaine et comme telle indéterminée, indépassable du Dasein.
The Epidemic Element of European Crime
Osborne’s method : la compréhension du cœur des ténèbres ne pourrait pas se faire au moyen d’un désengagement objectivant et d’une distanciation brechtienne critico-juridique (« les nazis sont des monstres inhumains »), mais plutôt au moyen d’une identification hypnotiquement conduite par la voix narcotique de l'archi-Führer (i.e. du Führer du Führer).
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