.une interprétation de la conscience comme appel du souci qui s’éloigne à ce point de l’expérience naturelle peut-elle être probante ?
.la conscience parle-t-elle avec une indétermination vide d’un pouvoir-être authentique (conscience con-vocatrice) ?
.ou parle-t-elle plutôt de façon précise et concrète des fautes et omissions que nous avons commises ou allons commettre (conscience qui réprimande et avertit) ?
.la conscience livre-t-elle qqchose de positif, ou ne fonctionne-t-elle pas plutôt de manière simplement critique ?
.il est permis d’exiger d’une interprétation de la conscience que l’ « on » y reconnaisse le phénomène en question, tel que quotidiennement expérimenté.
.satisfaire à cette requête n’implique cependant pas de reconnaître la compréhension ontique vulgaire de la conscience pour l’instance première d’une interprétation ontologique.
.notre tâche : rendre intelligible la conscience comme une attestation, située dans le Dasein lui-même, de son pouvoir-être le plus propre.
.délimiter l’entendre qui correspond à l’appeler.
.le comprendre authentique qui « suit » l’appel n’est pas un supplément annexe qui se déclencherait ou non.
.c’est à partir de la compréhension de l’ad-vocation et uniment avec elle que le vécu plein de la conscience peut se laisser saisir.
.si c'est le Dasein qui est lui-même tout à la fois l'appelant et l'ad-voqué, il y a dans toute més-entente de l’appel, dans toute mécompréhension de soi un mode d’être déterminé du Dasein.
.« que rien ne résulte » de l’appel signifie, à la mesure du Dasein, qqchose de positif.
.la « voix » de la conscience parle d’une « dette »
Saturday, July 31, 2010
Résumé p.278
.il n’est besoin d’aucun recours à des puissances étrangères à l’être du Dasein. Le recours à des puissances étrangères à l’être du Dasein anéantit l’étrang(èr)eté de l’appel de la conscience. Il présuppose le Dasein sous la figure d’une déterminité ou indéterminité ontologique contingente, pose le Dasein comme un sujet anodin, survenant de manière quelconque, et muni d’une conscience personnelle.
.l’interprétation de l’appelant comme une puissance permet de reconnaitre une donnée objectivement trouvable. Cette interprétation est une fuite devant la conscience, une échappatoire du Dasein où il se glisse derrière l’étroite paroi qui sépare le On de l’étrang(èr)eté de son être. Interprétation de l’appel comme une voix universellement obligeante, pas simplement subjective, élevée au rang d’une conscience universelle qui est un « ça » et personne. Parle dans le sujet singulier sous une forme indéterminée.
.cette conscience publique n’est autre que la voix du On.
.le Dasein ne peut en arriver à l’invention douteuse d’une « conscience universelle » que parce que la conscience, en son fond et son essence, est mienne.
..parce que l'ad-voqué est le pouvoir-être le plus propre.
..et parce que l’appelant est l’étant que je suis à chaque fois moi-même.
.la puissance de la conscience n’est pas purement subjective.
.l’objectivité de l’ad-vocation ne peut obtenir son droit que si l’interprétation lui laisse sa subjectivité, laquelle refuse la souveraineté au on-même.
.l’interprétation de l’appelant comme une puissance permet de reconnaitre une donnée objectivement trouvable. Cette interprétation est une fuite devant la conscience, une échappatoire du Dasein où il se glisse derrière l’étroite paroi qui sépare le On de l’étrang(èr)eté de son être. Interprétation de l’appel comme une voix universellement obligeante, pas simplement subjective, élevée au rang d’une conscience universelle qui est un « ça » et personne. Parle dans le sujet singulier sous une forme indéterminée.
.cette conscience publique n’est autre que la voix du On.
.le Dasein ne peut en arriver à l’invention douteuse d’une « conscience universelle » que parce que la conscience, en son fond et son essence, est mienne.
..parce que l'ad-voqué est le pouvoir-être le plus propre.
..et parce que l’appelant est l’étant que je suis à chaque fois moi-même.
.la puissance de la conscience n’est pas purement subjective.
.l’objectivité de l’ad-vocation ne peut obtenir son droit que si l’interprétation lui laisse sa subjectivité, laquelle refuse la souveraineté au on-même.
Friday, July 30, 2010
Summary of page 277
• L’appelant est non-familier au On, i.e. une voix étrangère.
• L’appel ne donne rien à entendre à l’oreille préoccupée et curieuse.
• Que pourrait relater le Dasein à partir de l’isolement sur soi dans l’étrang(èr)eté, de son être jeté dans le rien?
• Que lui reste-t-il d’autre que le pouvoir-être dévoilé dans l’angoisse ?
• L’appel, en appelant sans aucun ébruitement (Verlautbarung), ne relate nul événement (Begebenheiten).
• L’appel parle sur le mode étrange du faire-silence (Schweigens).
• L’appel rappelle l’ad-voqué du bavardage public du On à la réticence (Verschwiegenheit) du pouvoir-être existant.
• Le Dasein se trouve dans la solitude (Verlassenheit) de son abandon (Überlassenheit) à lui-même.
• L’étrang(èr)eté est le mode fondamental, même s’il est quotidiennement recouvert, de l’être-au-monde.
• Le Dasein appelle, en tant que conscience, du fond de cet être.
• L’appel in-toné par l’angoisse permet au Dasein de se projeter vers son pouvoir-être.
• L’étrang(èr)eté traque le Dasein et menace sa perte (Verlorenheit) oublieuse d’elle-même.
• Le Dasein est aussi l’appelant (Rufer) que l’ad-voqué (Angerufene).
• La conscience se manifeste comme appel du souci : l’appelant est le Dasein, s’angoissant dans l’être-jeté pour son pouvoir-être.
• Le Dasein est convoqué par l’ad-vocation hors de l’échéance dans le On.
• L’appel de la conscience tient sa possibilité de ce que le Dasein est souci.
• L’appel ne donne rien à entendre à l’oreille préoccupée et curieuse.
• Que pourrait relater le Dasein à partir de l’isolement sur soi dans l’étrang(èr)eté, de son être jeté dans le rien?
• Que lui reste-t-il d’autre que le pouvoir-être dévoilé dans l’angoisse ?
• L’appel, en appelant sans aucun ébruitement (Verlautbarung), ne relate nul événement (Begebenheiten).
• L’appel parle sur le mode étrange du faire-silence (Schweigens).
• L’appel rappelle l’ad-voqué du bavardage public du On à la réticence (Verschwiegenheit) du pouvoir-être existant.
• Le Dasein se trouve dans la solitude (Verlassenheit) de son abandon (Überlassenheit) à lui-même.
• L’étrang(èr)eté est le mode fondamental, même s’il est quotidiennement recouvert, de l’être-au-monde.
• Le Dasein appelle, en tant que conscience, du fond de cet être.
• L’appel in-toné par l’angoisse permet au Dasein de se projeter vers son pouvoir-être.
• L’étrang(èr)eté traque le Dasein et menace sa perte (Verlorenheit) oublieuse d’elle-même.
• Le Dasein est aussi l’appelant (Rufer) que l’ad-voqué (Angerufene).
• La conscience se manifeste comme appel du souci : l’appelant est le Dasein, s’angoissant dans l’être-jeté pour son pouvoir-être.
• Le Dasein est convoqué par l’ad-vocation hors de l’échéance dans le On.
• L’appel de la conscience tient sa possibilité de ce que le Dasein est souci.
Thursday, July 29, 2010
Résumé p.277 étrang(èr)eté
.l’appelant est non familier au On-même quotidien – une voix étrangère.
.On perdu dans la diversité du « monde » de sa préoccupation
≠ soi-même isolé sur soi dans l’étrang(èr)eté, jeté dans le rien.
.l’appel parle sur le mode étrange du faire-silence.
.l’appel rappelle l’ad-voqué du bavardage public du On à la réticence du pouvoir-être existant.
.l’assurance étrang(èr)e avec laquelle l’appelant atteint l’ad-voqué, l’impossibilité de se mé-comprendre et méconnaître se fonde sur le fait que le Dasein isolé sur soi en son étrang(èr)eté est unique, sur la solitude de son abandon à lui-même.
.l’étrang(èr)eté est le mode fondamental de l’être-au-monde.
.l’étrang(èr)eté est quotidiennement recouverte.
.l’appel angoissé rend possible pour le Dasein le projet de lui-même vers son pouvoir-être le plus propre.
.l’étrang(èr)eté traque le Dasein et menace sa perte oublieuse d’elle-même.
.la conscience se manisfeste comme appel du souci :
.l’appelant est le Dasein s’angoissant dans l’être-jeté (être-déjà-dans…) pour son pouvoir-être.
.l’ad-voqué est ce même Dasein, con-voqué à son pouvoir-être le plus propre (en-avant-de-soi).
.On perdu dans la diversité du « monde » de sa préoccupation
≠ soi-même isolé sur soi dans l’étrang(èr)eté, jeté dans le rien.
.l’appel parle sur le mode étrange du faire-silence.
.l’appel rappelle l’ad-voqué du bavardage public du On à la réticence du pouvoir-être existant.
.l’assurance étrang(èr)e avec laquelle l’appelant atteint l’ad-voqué, l’impossibilité de se mé-comprendre et méconnaître se fonde sur le fait que le Dasein isolé sur soi en son étrang(èr)eté est unique, sur la solitude de son abandon à lui-même.
.l’étrang(èr)eté est le mode fondamental de l’être-au-monde.
.l’étrang(èr)eté est quotidiennement recouverte.
.l’appel angoissé rend possible pour le Dasein le projet de lui-même vers son pouvoir-être le plus propre.
.l’étrang(èr)eté traque le Dasein et menace sa perte oublieuse d’elle-même.
.la conscience se manisfeste comme appel du souci :
.l’appelant est le Dasein s’angoissant dans l’être-jeté (être-déjà-dans…) pour son pouvoir-être.
.l’ad-voqué est ce même Dasein, con-voqué à son pouvoir-être le plus propre (en-avant-de-soi).
Résumé p.276
.le Dasein existe toujours facticement : il n’est pas un se-projeter flottant en l’air, il est remis à l’existence.
.facticité du Dasein ≠ factualité d’un sous-la-main.
.le Dasein existant ne vient pas à la rencontre de lui-même comme d’un sous-la-main intramondain.
.en tant que jeté, le Dasein est jeté dans l’existence.
.l’être-jeté se dévoile dans son affection.
.le plus souvent, la tonalité referme l’être-jeté : le Dasein fuit dans la facilité de la prétendue liberté du On-même, fuite devant l’étrang(èr)eté de l’être-au-monde isolé, dévoilée dans l’angoisse devant le rien du monde.
.l’appelant de l’appel de la conscience est le Dasein en son étrang(èr)eté, l’être-au-monde originellement jeté en tant qu’hors-de-chez-lui, le « que » nu dans le rien du monde.
.facticité du Dasein ≠ factualité d’un sous-la-main.
.le Dasein existant ne vient pas à la rencontre de lui-même comme d’un sous-la-main intramondain.
.en tant que jeté, le Dasein est jeté dans l’existence.
.l’être-jeté se dévoile dans son affection.
.le plus souvent, la tonalité referme l’être-jeté : le Dasein fuit dans la facilité de la prétendue liberté du On-même, fuite devant l’étrang(èr)eté de l’être-au-monde isolé, dévoilée dans l’angoisse devant le rien du monde.
.l’appelant de l’appel de la conscience est le Dasein en son étrang(èr)eté, l’être-au-monde originellement jeté en tant qu’hors-de-chez-lui, le « que » nu dans le rien du monde.
Résumé p.275
.l’indéterminité et l’indéterminabilité spécifique de l’appelant est un privilège spécifique.
.Qui appelle ?
.Dans la conscience le Dasein s’appelle lui-même.
.l’appel n’est jamais ni projeté, ni préparé, ni accompli volontairement par nous-mêmes.
.« cela » appelle, contre notre attente, contre notre gré.
.l’appel vient de moi et me dépasse.
.Appel de la conscience
≠ puissance étrangère qui pénètrerait le Dasein, qui aurait un possesseur, ou qui serait une personne (Dieu) annonçant sa présence.
≠ explicable au niveau biologique.
.ces deux interprétations supposent que ce qui est doit nécessairement être sous-la-main.
.Qui appelle ?
.Dans la conscience le Dasein s’appelle lui-même.
.l’appel n’est jamais ni projeté, ni préparé, ni accompli volontairement par nous-mêmes.
.« cela » appelle, contre notre attente, contre notre gré.
.l’appel vient de moi et me dépasse.
.Appel de la conscience
≠ puissance étrangère qui pénètrerait le Dasein, qui aurait un possesseur, ou qui serait une personne (Dieu) annonçant sa présence.
≠ explicable au niveau biologique.
.ces deux interprétations supposent que ce qui est doit nécessairement être sous-la-main.
Wednesday, July 28, 2010
Ser quien y lo que uno es.
Nana se sabe libre, nos dice Godard. Pero esta libertad no tiene interior psicológico. La libertad no es un algo interno, psicológico, sino algo que se asemeja más bien a la gracia física. Es ser quien y lo que uno es. … Nana se ha convertido en lo que es. Ha entrado en la senda que la llevará a su afirmación y a su muerte [la prostitución].
[...]
Que la libertad no tiene interior psicológico —que el alma es algo que no se encuentra en la superficie, sino después de desnudar el «interior» de una persona— es la doctrina espiritual radical que ilustra Vivre sa vie.
[...]
«La gallina tiene un interior y un exterior», escribió la niña, «quítese el exterior y encontraremos el interior. Quítese el interior y daremos con el alma.»
(Susan Sontag. Vivre sa Vie de Godard. pdf)
[...]
Que la libertad no tiene interior psicológico —que el alma es algo que no se encuentra en la superficie, sino después de desnudar el «interior» de una persona— es la doctrina espiritual radical que ilustra Vivre sa vie.
[...]
«La gallina tiene un interior y un exterior», escribió la niña, «quítese el exterior y encontraremos el interior. Quítese el interior y daremos con el alma.»
(Susan Sontag. Vivre sa Vie de Godard. pdf)
Renée Falconetti (in: La Passion de Jeanne d'Arc. By: C.T. Dreyer, 1927)
Summary of page 276
• Seule la constitution existentiale du Dasein offre son fil conducteur à l’interprétation du mode d’être du cela qui appelle.
• Que l’appel ne soit pas accompli par moi, mais que « ça » appelle, cela n’autorise pas à chercher l’appelant dans un étant qui ne serait pas à la mesure du Dasein.
• Le Dasein existe toujours facticement.
• Pour autant qu’il est constamment remis à l’existence, il n’est pas un se-projeter flottant en l’air (freischwebendes Sichentwefen).
• La facticité du Dasein se distingue de la factualité d’un sous-la-main.
• Le Dasein existant ne vient pas à la rencontre de lui-même comme d’un sous-la-main intramondain.
• Le Dasein est jeté dans l’existence.
• Il existe comme un étant qui a à être comment il est et peut être.
• L’être-jeté appartient à l’ouverture du là et se dévoile dans son affection, laquelle transporte le Dasein devant son « qu’il est et qu’il a à être en pouvant-être ».
• Le plus souvent, la tonalité referme l’être-jeté.
• Le Dasein fuit devant celui-ci dans la facilité de la prétendue liberté du On, en fuyant ainsi devant l’étrang(èr)eté (Unheimlichkeit) qui détermine l’être-au-monde en son isolement.
• L’étrang(èr)eté se dévoile proprement dans l’angoisse. Elle place son être-au-monde devant le rien du monde.
• Qu’en serait-il, si le Dasein tel qu’il se trouve affecté au fond de son étrang(èr)eté était l’appelant de l’appel ?
• Plaident en ce sens tous les phénomènes qui ont été dégagés pour caractériser l’appelant et son appeler.
• L’appelant n’est mondainement déterminable par rien en son qui.
• Il est le Dasein en son étrang(èr)eté (Unheimlichkeit), il est l’être-au-monde jeté en tant qu’hors-de-chez-lui (Un-zuhause), il est le que nu dans le rien du monde.
• Que l’appel ne soit pas accompli par moi, mais que « ça » appelle, cela n’autorise pas à chercher l’appelant dans un étant qui ne serait pas à la mesure du Dasein.
• Le Dasein existe toujours facticement.
• Pour autant qu’il est constamment remis à l’existence, il n’est pas un se-projeter flottant en l’air (freischwebendes Sichentwefen).
• La facticité du Dasein se distingue de la factualité d’un sous-la-main.
• Le Dasein existant ne vient pas à la rencontre de lui-même comme d’un sous-la-main intramondain.
• Le Dasein est jeté dans l’existence.
• Il existe comme un étant qui a à être comment il est et peut être.
• L’être-jeté appartient à l’ouverture du là et se dévoile dans son affection, laquelle transporte le Dasein devant son « qu’il est et qu’il a à être en pouvant-être ».
• Le plus souvent, la tonalité referme l’être-jeté.
• Le Dasein fuit devant celui-ci dans la facilité de la prétendue liberté du On, en fuyant ainsi devant l’étrang(èr)eté (Unheimlichkeit) qui détermine l’être-au-monde en son isolement.
• L’étrang(èr)eté se dévoile proprement dans l’angoisse. Elle place son être-au-monde devant le rien du monde.
• Qu’en serait-il, si le Dasein tel qu’il se trouve affecté au fond de son étrang(èr)eté était l’appelant de l’appel ?
• Plaident en ce sens tous les phénomènes qui ont été dégagés pour caractériser l’appelant et son appeler.
• L’appelant n’est mondainement déterminable par rien en son qui.
• Il est le Dasein en son étrang(èr)eté (Unheimlichkeit), il est l’être-au-monde jeté en tant qu’hors-de-chez-lui (Un-zuhause), il est le que nu dans le rien du monde.
Tuer la vie quotidienne pour parler
Godard, Vivre sa Vie. Chap.11.
Anna Karina - Moi, je trouve que la vie devrait être facile au contraire.
…
Brice Parain - On n’arrive à bien parler que quand on a renoncé à la vie pendant un certain temps…
A.K. - Mais alors, parler, c’est mortel
B.P. - Parler, c’est presque une résurrection par rapport à la vie en ce sens que quand on parle c’est une autre vie que quand on ne parle pas… pour vivre en parlant, il faut avoir passé par la mort de la vie sans parler… il y a une sorte d’ascèse, en somme, qui fait que l’on ne peut bien parler que quand on regarde la vie avec détachement…
A.K. - Pourtant la vie de tous les jours on ne peut pas la vie avec…
B.P. - Avec détachement… on est dans la vie quotidienne et on s’en élève vers une vie… appelons-là supérieure, ce n’est pas bête de le dire, parce que c’est la vie avec la pensée. Mais cette vie avec la pensée suppose que l’on a tué la vie trop quotidienne, la vie trop élémentaire.
Anna Karina - Moi, je trouve que la vie devrait être facile au contraire.
…
Brice Parain - On n’arrive à bien parler que quand on a renoncé à la vie pendant un certain temps…
A.K. - Mais alors, parler, c’est mortel
B.P. - Parler, c’est presque une résurrection par rapport à la vie en ce sens que quand on parle c’est une autre vie que quand on ne parle pas… pour vivre en parlant, il faut avoir passé par la mort de la vie sans parler… il y a une sorte d’ascèse, en somme, qui fait que l’on ne peut bien parler que quand on regarde la vie avec détachement…
A.K. - Pourtant la vie de tous les jours on ne peut pas la vie avec…
B.P. - Avec détachement… on est dans la vie quotidienne et on s’en élève vers une vie… appelons-là supérieure, ce n’est pas bête de le dire, parce que c’est la vie avec la pensée. Mais cette vie avec la pensée suppose que l’on a tué la vie trop quotidienne, la vie trop élémentaire.
Tuesday, July 27, 2010
Résumé p.274
.ce que l’appel ouvre est univoque, même si le Dasein singulier peut en prendre une interprétation diverse.
.impossible de méconnaitre la direction d’impact de l’appel.
.illusions uniquement à partir du mode en lequel l’appel est entendu
.au lieu d’être authentiquement compris, l’appel est entrainé vers le on-même dans la transaction d’un colloque avec soi et perverti en sa tendance ouvrante.
§57 La conscience comme appel du souci.
.la conscience con-voque le soi-même du Dasein hors de la perte dans le On.
.le soi-même ad-voqué demeure indéterminé et vide en son « quid ».
.le soi-même est pourtant atteint univoquement et directement.
.l’appelant de l'appel se tient dans l’indétermination (quant à son nom, état, provenance, considération), tient absolument éloigné de lui toute familiarité, considération, discussion.
.impossible de méconnaitre la direction d’impact de l’appel.
.illusions uniquement à partir du mode en lequel l’appel est entendu
.au lieu d’être authentiquement compris, l’appel est entrainé vers le on-même dans la transaction d’un colloque avec soi et perverti en sa tendance ouvrante.
§57 La conscience comme appel du souci.
.la conscience con-voque le soi-même du Dasein hors de la perte dans le On.
.le soi-même ad-voqué demeure indéterminé et vide en son « quid ».
.le soi-même est pourtant atteint univoquement et directement.
.l’appelant de l'appel se tient dans l’indétermination (quant à son nom, état, provenance, considération), tient absolument éloigné de lui toute familiarité, considération, discussion.
Résumé p.273
.le On-même est atteint vers l’appel.
.il est ad-voqué vers le soi-même propre : non pas vers ce que le Dasein vaut, peut, pourvoit, vers ce qu’il a saisit, ce à quoi il s’est engagé, ce par quoi il s’est laissé prendre.
.dans l’ad-vocation de la conscience, le Dasein tel que mondainement compris pour les autres et pour soi-même est passé [omis et dépassé].
.le On sombre. L’appel précipite un On avide de la considération publique dans l’insignifiance.
.le soi-même privé de ce refuge et de ce masque est porté par l’appel à lui-même.
Soi-même
≠ soi-même qui peut devenir objet d’appréciation pour soi-même.
≠ soi-même qui se livre à la dissection indiscrète de la « vie intérieure ».
≠ soi-même qui regarde « analytiquement » des états psychiques et leurs arrière-fonds.
≠ soi-même comme une intériorité qui lui permette de se refermer au « monde extérieur ».
Que crie la conscience au Dasein ?
.rien !
.l’appel n’énonce rien, ne donne aucune information sur des évènements du monde.
.le soi-même n’est pas ad-voqué à un colloque avec soi-même mais est con-voqué à lui-même, c’est-à-dire à son pouvoir-être le plus propre.
.l’appel est une pro-vocation (vocation vers l’avant) du Dasein à ses possibilités les plus propres.
.l’appel se passe de tout ébruitement.
.la conscience parle uniquement et constamment sur le mode du faire-silence.
.contraint le Dasein à la ré-ticence de lui-même.
.défaut de formulation verbale ≠ voix mystérieuse.
.il est ad-voqué vers le soi-même propre : non pas vers ce que le Dasein vaut, peut, pourvoit, vers ce qu’il a saisit, ce à quoi il s’est engagé, ce par quoi il s’est laissé prendre.
.dans l’ad-vocation de la conscience, le Dasein tel que mondainement compris pour les autres et pour soi-même est passé [omis et dépassé].
.le On sombre. L’appel précipite un On avide de la considération publique dans l’insignifiance.
.le soi-même privé de ce refuge et de ce masque est porté par l’appel à lui-même.
Soi-même
≠ soi-même qui peut devenir objet d’appréciation pour soi-même.
≠ soi-même qui se livre à la dissection indiscrète de la « vie intérieure ».
≠ soi-même qui regarde « analytiquement » des états psychiques et leurs arrière-fonds.
≠ soi-même comme une intériorité qui lui permette de se refermer au « monde extérieur ».
Que crie la conscience au Dasein ?
.rien !
.l’appel n’énonce rien, ne donne aucune information sur des évènements du monde.
.le soi-même n’est pas ad-voqué à un colloque avec soi-même mais est con-voqué à lui-même, c’est-à-dire à son pouvoir-être le plus propre.
.l’appel est une pro-vocation (vocation vers l’avant) du Dasein à ses possibilités les plus propres.
.l’appel se passe de tout ébruitement.
.la conscience parle uniquement et constamment sur le mode du faire-silence.
.contraint le Dasein à la ré-ticence de lui-même.
.défaut de formulation verbale ≠ voix mystérieuse.
Résumé p.272
§56. Le caractère d’appel de la conscience.
.parler = révéler.
.c’est dans ce qui est discuté qu’est puisé le parlé.
.parler comme communication, accessible à l’être-là-avec d’autrui, ébruitement de la parole.
.dans l’appel de la conscience :
.le discuté = l’advoqué = le Dasein.
.Dasein = être ouvert à soi-même avec l’ouverture de son monde, se comprend toujours déjà.
.l’appel atteint le Dasein dans ce comprendre quotidien et médiocre : c’est le On-même de l’être-avec préoccupé avec autrui qui est atteint par l’appel.
.parler = révéler.
.c’est dans ce qui est discuté qu’est puisé le parlé.
.parler comme communication, accessible à l’être-là-avec d’autrui, ébruitement de la parole.
.dans l’appel de la conscience :
.le discuté = l’advoqué = le Dasein.
.Dasein = être ouvert à soi-même avec l’ouverture de son monde, se comprend toujours déjà.
.l’appel atteint le Dasein dans ce comprendre quotidien et médiocre : c’est le On-même de l’être-avec préoccupé avec autrui qui est atteint par l’appel.
Monday, July 26, 2010
Summary of page 275
• L’appelant ne surgit que dans le con-voquer à (Aufrufen zu).... Il ne veut être entendu, sans supplément de bavardage, que comme tel.
• N’est-il pas conforme au phénomène de ne pas demander qui est l’appelant ?
• Certes, en ce qui concerne l’entendre existentiel de l’appel factice de la conscience, mais non pas pour l’analyse existentiale de la facticité de l’appeler et de l’existentialité de l’entendre.
• Dans la conscience, le Dasein s’appelle lui-même.
• Pourtant, la réponse qui dit que le Dasein est tant l’appelant que l’ad-voqué ne suffit pas.
• L’appel n’est ni projeté, ni préparé, ni accompli volontairement par nous-mêmes.
• « Cela » (Es) appelle contre notre gré.
• L’appel ne vient pas d’un autre qui est au monde avec moi.
• L’appel vient de moi et pourtant il me dépasse.
• Tant la thèse selon laquelle il serait possible d’interpréter la voix de la conscience comme une puissance étrangère qui pénétrerait le Dasein que la tentative de la réduire à l’aide d’une explication « biologique » dépendent de la thèse ontologiquement dogmatique selon laquelle que ce qui est, i.e. ce qui est aussi factuel que l’appel, doit être sous-la-main, c’est-à-dire que ce qui ne se laisse pas exhiber en tant qu’objectif au sens de sous-la-main n’est pas.
• La donnée phénoménale consiste en ceci que l’appel est adressé à moi depuis moi-même en me dépassant.
• N’est-il pas conforme au phénomène de ne pas demander qui est l’appelant ?
• Certes, en ce qui concerne l’entendre existentiel de l’appel factice de la conscience, mais non pas pour l’analyse existentiale de la facticité de l’appeler et de l’existentialité de l’entendre.
• Dans la conscience, le Dasein s’appelle lui-même.
• Pourtant, la réponse qui dit que le Dasein est tant l’appelant que l’ad-voqué ne suffit pas.
• L’appel n’est ni projeté, ni préparé, ni accompli volontairement par nous-mêmes.
• « Cela » (Es) appelle contre notre gré.
• L’appel ne vient pas d’un autre qui est au monde avec moi.
• L’appel vient de moi et pourtant il me dépasse.
• Tant la thèse selon laquelle il serait possible d’interpréter la voix de la conscience comme une puissance étrangère qui pénétrerait le Dasein que la tentative de la réduire à l’aide d’une explication « biologique » dépendent de la thèse ontologiquement dogmatique selon laquelle que ce qui est, i.e. ce qui est aussi factuel que l’appel, doit être sous-la-main, c’est-à-dire que ce qui ne se laisse pas exhiber en tant qu’objectif au sens de sous-la-main n’est pas.
• La donnée phénoménale consiste en ceci que l’appel est adressé à moi depuis moi-même en me dépassant.
Friday, July 23, 2010
Summary of page 274
• Ce que l’appel ouvre est univoque, même si le Dasein peut l’interpréter diversement.
• Par-delà l’indétermination apparente de la teneur de l’appel (Rufgehaltes), il est impossible de méconnaître sa sûre direction d’impact (Einschlagsrichtung).
• S’il se produit dans la conscience des illusions (Täuschungen), c’est que l’appel est entraîné par le On dans la transaction d’un colloque avec soi et perverti en sa tendance ouvrante (Erschlieβungstendenz).
• L’appel (Ruf) est ad-vocation (Anruf) du On en son soi-même, une con-vocation (Aufruf) du soi-même à son pouvoir-être-soi-même, et une pro-vocation (Vorrufen) du Dasein vers ses possibilités.
• Une interprétation satisfaisante de la conscience exige de manifester non seulement qui est appelé, mais encore qui appelle et comment l’advoqué (Angerufene) se comporte par rapport à l’appelant (Rufer).
§ 57. La conscience comme appel du souci.
• La conscience con-voque (ruft) le soi-même du Dasein hors de la perte dans le On.
• Comme quoi le Dasein se comprend dans son interprétation à partir de ce dont il se préoccupe, cela, l’appel le passe.
• L’appelant (Rufer) se tient aussi dans une indétermination.
• Bien qu’il ne se déguise pas dans l’appel, il refuse toute question concernant le nom, l’état, la provenance et le prestige.
• L’appelant de l’appel tient éloignée de lui toute familiarité.
• Il est contraire à la modalité de son être de se laisser attirer dans le champ d’une considération et d’une discussion.
• Par-delà l’indétermination apparente de la teneur de l’appel (Rufgehaltes), il est impossible de méconnaître sa sûre direction d’impact (Einschlagsrichtung).
• S’il se produit dans la conscience des illusions (Täuschungen), c’est que l’appel est entraîné par le On dans la transaction d’un colloque avec soi et perverti en sa tendance ouvrante (Erschlieβungstendenz).
• L’appel (Ruf) est ad-vocation (Anruf) du On en son soi-même, une con-vocation (Aufruf) du soi-même à son pouvoir-être-soi-même, et une pro-vocation (Vorrufen) du Dasein vers ses possibilités.
• Une interprétation satisfaisante de la conscience exige de manifester non seulement qui est appelé, mais encore qui appelle et comment l’advoqué (Angerufene) se comporte par rapport à l’appelant (Rufer).
§ 57. La conscience comme appel du souci.
• La conscience con-voque (ruft) le soi-même du Dasein hors de la perte dans le On.
• Comme quoi le Dasein se comprend dans son interprétation à partir de ce dont il se préoccupe, cela, l’appel le passe.
• L’appelant (Rufer) se tient aussi dans une indétermination.
• Bien qu’il ne se déguise pas dans l’appel, il refuse toute question concernant le nom, l’état, la provenance et le prestige.
• L’appelant de l’appel tient éloignée de lui toute familiarité.
• Il est contraire à la modalité de son être de se laisser attirer dans le champ d’une considération et d’une discussion.
Wednesday, July 21, 2010
Summary of page 273
• Il est ad-voqué (angerufen) vers le soi-même propre et non pas vers ce que le Dasein vaut dans l’être-l’un-avec-l’autre public.
• Dans une telle ad-vocation (Anruf), le Dasein tel qu’il est mondainement compris pour les autres et pour soi-même est passé (übergangen).
• Comme c’est le même du On-même qui est ad-voqué, le On sombre.
• En tant que l’appel passe le On, il le précipite dans l’insignifiance.
• Le soi-même, privé dans l’ad-vocation de ce refuge, est porté par l’appel à lui-même.
• C’est vers le soi-même que le on-même est ad-voqué, mais non pas vers ce soi-même qui peut devenir pour soi objet d’appréciation, qui se livre à la dissection de sa vie intérieure, ou regarde analytiquement ses états psychiques.
• L’advocation du soi-même dans le On-même ne le presse pas vers une intériorité coupée du monde extérieur.
• L’appel ad-voque uniquement le Soi-même qui n’est que selon la guise de l’être-au-monde.
• L’appel n’énonce rien, il ne donne aucune information sur des événements du monde, il n’aspire pas à ouvrir un dialogue avec soi-même.
• Le soi-même est con-voqué (aufgerufen) à son pouvoir-être le plus propre.
• L’appel n’invite pas le soi-même à un « débat », mais il est une pro-vocation, i.e. une vocation vers l’avant, (Vor-(nach-« vorne »-)Rufen) du Dasein à ses possibilités les plus propres.
• L’appel ne se porte pas à des paroles.
• La conscience parle uniquement sur le mode du faire-silence (Schweigens).
• Sur ce mode, elle contraint le Dasein con-voqué à la ré-ticence (Verschwiegenheit) de lui-même.
• Le défaut d’une formulation verbale indique que la compréhension de ce qui est dit (Gerufenen) ne se cramponne pas à l’attente d’une communication.
• Dans une telle ad-vocation (Anruf), le Dasein tel qu’il est mondainement compris pour les autres et pour soi-même est passé (übergangen).
• Comme c’est le même du On-même qui est ad-voqué, le On sombre.
• En tant que l’appel passe le On, il le précipite dans l’insignifiance.
• Le soi-même, privé dans l’ad-vocation de ce refuge, est porté par l’appel à lui-même.
• C’est vers le soi-même que le on-même est ad-voqué, mais non pas vers ce soi-même qui peut devenir pour soi objet d’appréciation, qui se livre à la dissection de sa vie intérieure, ou regarde analytiquement ses états psychiques.
• L’advocation du soi-même dans le On-même ne le presse pas vers une intériorité coupée du monde extérieur.
• L’appel ad-voque uniquement le Soi-même qui n’est que selon la guise de l’être-au-monde.
• L’appel n’énonce rien, il ne donne aucune information sur des événements du monde, il n’aspire pas à ouvrir un dialogue avec soi-même.
• Le soi-même est con-voqué (aufgerufen) à son pouvoir-être le plus propre.
• L’appel n’invite pas le soi-même à un « débat », mais il est une pro-vocation, i.e. une vocation vers l’avant, (Vor-(nach-« vorne »-)Rufen) du Dasein à ses possibilités les plus propres.
• L’appel ne se porte pas à des paroles.
• La conscience parle uniquement sur le mode du faire-silence (Schweigens).
• Sur ce mode, elle contraint le Dasein con-voqué à la ré-ticence (Verschwiegenheit) de lui-même.
• Le défaut d’une formulation verbale indique que la compréhension de ce qui est dit (Gerufenen) ne se cramponne pas à l’attente d’une communication.
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