Monday, July 26, 2010
Summary of page 275
• N’est-il pas conforme au phénomène de ne pas demander qui est l’appelant ?
• Certes, en ce qui concerne l’entendre existentiel de l’appel factice de la conscience, mais non pas pour l’analyse existentiale de la facticité de l’appeler et de l’existentialité de l’entendre.
• Dans la conscience, le Dasein s’appelle lui-même.
• Pourtant, la réponse qui dit que le Dasein est tant l’appelant que l’ad-voqué ne suffit pas.
• L’appel n’est ni projeté, ni préparé, ni accompli volontairement par nous-mêmes.
• « Cela » (Es) appelle contre notre gré.
• L’appel ne vient pas d’un autre qui est au monde avec moi.
• L’appel vient de moi et pourtant il me dépasse.
• Tant la thèse selon laquelle il serait possible d’interpréter la voix de la conscience comme une puissance étrangère qui pénétrerait le Dasein que la tentative de la réduire à l’aide d’une explication « biologique » dépendent de la thèse ontologiquement dogmatique selon laquelle que ce qui est, i.e. ce qui est aussi factuel que l’appel, doit être sous-la-main, c’est-à-dire que ce qui ne se laisse pas exhiber en tant qu’objectif au sens de sous-la-main n’est pas.
• La donnée phénoménale consiste en ceci que l’appel est adressé à moi depuis moi-même en me dépassant.
Friday, July 23, 2010
Summary of page 274
• Par-delà l’indétermination apparente de la teneur de l’appel (Rufgehaltes), il est impossible de méconnaître sa sûre direction d’impact (Einschlagsrichtung).
• S’il se produit dans la conscience des illusions (Täuschungen), c’est que l’appel est entraîné par le On dans la transaction d’un colloque avec soi et perverti en sa tendance ouvrante (Erschlieβungstendenz).
• L’appel (Ruf) est ad-vocation (Anruf) du On en son soi-même, une con-vocation (Aufruf) du soi-même à son pouvoir-être-soi-même, et une pro-vocation (Vorrufen) du Dasein vers ses possibilités.
• Une interprétation satisfaisante de la conscience exige de manifester non seulement qui est appelé, mais encore qui appelle et comment l’advoqué (Angerufene) se comporte par rapport à l’appelant (Rufer).
§ 57. La conscience comme appel du souci.
• La conscience con-voque (ruft) le soi-même du Dasein hors de la perte dans le On.
• Comme quoi le Dasein se comprend dans son interprétation à partir de ce dont il se préoccupe, cela, l’appel le passe.
• L’appelant (Rufer) se tient aussi dans une indétermination.
• Bien qu’il ne se déguise pas dans l’appel, il refuse toute question concernant le nom, l’état, la provenance et le prestige.
• L’appelant de l’appel tient éloignée de lui toute familiarité.
• Il est contraire à la modalité de son être de se laisser attirer dans le champ d’une considération et d’une discussion.
Wednesday, July 21, 2010
Summary of page 273
• Dans une telle ad-vocation (Anruf), le Dasein tel qu’il est mondainement compris pour les autres et pour soi-même est passé (übergangen).
• Comme c’est le même du On-même qui est ad-voqué, le On sombre.
• En tant que l’appel passe le On, il le précipite dans l’insignifiance.
• Le soi-même, privé dans l’ad-vocation de ce refuge, est porté par l’appel à lui-même.
• C’est vers le soi-même que le on-même est ad-voqué, mais non pas vers ce soi-même qui peut devenir pour soi objet d’appréciation, qui se livre à la dissection de sa vie intérieure, ou regarde analytiquement ses états psychiques.
• L’advocation du soi-même dans le On-même ne le presse pas vers une intériorité coupée du monde extérieur.
• L’appel ad-voque uniquement le Soi-même qui n’est que selon la guise de l’être-au-monde.
• L’appel n’énonce rien, il ne donne aucune information sur des événements du monde, il n’aspire pas à ouvrir un dialogue avec soi-même.
• Le soi-même est con-voqué (aufgerufen) à son pouvoir-être le plus propre.
• L’appel n’invite pas le soi-même à un « débat », mais il est une pro-vocation, i.e. une vocation vers l’avant, (Vor-(nach-« vorne »-)Rufen) du Dasein à ses possibilités les plus propres.
• L’appel ne se porte pas à des paroles.
• La conscience parle uniquement sur le mode du faire-silence (Schweigens).
• Sur ce mode, elle contraint le Dasein con-voqué à la ré-ticence (Verschwiegenheit) de lui-même.
• Le défaut d’une formulation verbale indique que la compréhension de ce qui est dit (Gerufenen) ne se cramponne pas à l’attente d’une communication.
Monday, July 19, 2010
Summary of page 272
• Le parler (Rede) apporte une information (Aufschluβ) sur quelque chose d’un point de vue déterminé.
• C’est dans ce qui est discuté qu’il puise ce qu’il dit, le parlé (Geredete).
• Dans le parler comme communication, ce parlé devient accessible à l’être-là-avec d’autrui.
• Il appartient au Dasein d’être ouvert à lui-même avec l’ouverture de son monde, de telle manière qu’il se comprend toujours déjà.
• L’appel atteint le Dasein dans ce se-comprendre-toujours-déjà quotidiennement préoccupé.
• C’est le On de l’être-avec préoccupé avec autrui qui est atteint par l’appel.
Sylvia Plath reads “A Birthday Present” some months before committing suicide by inhaling carbon monoxide from her gas oven. She was 30.
What is this, behind this veil, is it ugly, is it beautiful?
It is shimmering, has it breasts, has it edges?
I am sure it is unique, I am sure it is what I want.
When I am quiet at my cooking I feel it looking, I feel it thinking
'Is this the one I am too appear for,
Is this the elect one, the one with black eye-pits and a scar?
Measuring the flour, cutting off the surplus,
Adhering to rules, to rules, to rules.
Is this the one for the annunciation?
My god, what a laugh!'
But it shimmers, it does not stop, and I think it wants me.
I would not mind if it were bones, or a pearl button.
I do not want much of a present, anyway, this year.
After all I am alive only by accident.
I would have killed myself gladly that time any possible way.
Now there are these veils, shimmering like curtains,
The diaphanous satins of a January window
White as babies' bedding and glittering with dead breath. O ivory!
It must be a tusk there, a ghost column.
Can you not see I do not mind what it is.
Can you not give it to me?
Do not be ashamed--I do not mind if it is small.
Do not be mean, I am ready for enormity.
Let us sit down to it, one on either side, admiring the gleam,
The glaze, the mirrory variety of it.
Let us eat our last supper at it, like a hospital plate.
I know why you will not give it to me,
You are terrified
The world will go up in a shriek, and your head with it,
Bossed, brazen, an antique shield,
A marvel to your great-grandchildren.
Do not be afraid, it is not so.
I will only take it and go aside quietly.
You will not even hear me opening it, no paper crackle,
No falling ribbons, no scream at the end.
I do not think you credit me with this discretion.
If you only knew how the veils were killing my days.
To you they are only transparencies, clear air.
But my god, the clouds are like cotton.
Armies of them. They are carbon monoxide.
Sweetly, sweetly I breathe in,
Filling my veins with invisibles, with the million
Probable motes that tick the years off my life.
You are silver-suited for the occasion. O adding machine-----
Is it impossible for you to let something go and have it go whole?
Must you stamp each piece purple,
Must you kill what you can?
There is one thing I want today, and only you can give it to me.
It stands at my window, big as the sky.
It breathes from my sheets, the cold dead center
Where split lives congeal and stiffen to history.
Let it not come by the mail, finger by finger.
Let it not come by word of mouth, I should be sixty
By the time the whole of it was delivered, and to numb to use it.
Only let down the veil, the veil, the veil.
If it were death
I would admire the deep gravity of it, its timeless eyes.
I would know you were serious.
There would be a nobility then, there would be a birthday.
And the knife not carve, but enter
Pure and clean as the cry of a baby,
And the universe slide from my side.
Everything You Can Think Of Is True
Everything you can think of is true
before the ocean was blue
you were lost in a flood run red with your blood's nigerian skeleton crew
everything you can think of is true
the dish ran away with the spoon
dig deep in your heart for that little red glow
we're decomposing as we go
everything you can think of is true
and fishes make wishes on you
we're fighting our way up dreamland's spine
with black flamingos, expensive wine
everything you can think of is true
the baby's asleep in your shoe
your teeth are buildings with yellow doors
your eyes are fish on a creamy shore
Friday, July 16, 2010
Summary of page 271
• Afin d’être ramené hors de cette perte de la més-entente de soi, il faut qu’il se trouve lui-même en brisant cette écoute du On.
• La possibilité d’une telle rupture se trouve dans l’être-ad-voqué (Angerufenwerden) immédiat.
• L’appel brise l’écoute du On lorsque il éveille un entendre opposé à l’entendre perdu.
• Si celui-ci est pris par le vacarme (Lärm) équivoque du bavardage, il faut que l’appel appelle sans vacarme, sans équivoque, sans point d’appui (Anhalt) pour la curiosité.
• Ce qui donne à comprendre en appelant ainsi, c’est la conscience (Gewissen).
• L’appeler est un mode du parler, lequel articule la compréhensivité.
• L’ébruitement vocal n’est essentiel ni au parler ni à l’appel.
• Toute parole (Aussprechen) et toute « proclame » (Ausrufen) présuppose le parler.
• L’explicitation quotidienne interprète la « voix » de la conscience comme un donner-à-comprendre (Zu-verstehen-geben).
• Dans la tendance d’ouverture de l’appel est contenu le moment de la secousse venue de loin (abgesetzten Aufrüttelns).
• L’appel retentit (gerufen) depuis le lointain (Ferne) vers le lointain.
• Est touché par l’appel celui qui veut être ramené.
• Avec cette caractérisation de la conscience, c’est l’horizon phénoménal de l’analyse de sa structure existentiale qui se trouve délimité.
• Le phénomène n’est pas compris comme un appel, mais comme parler à partir de l’ouverture constitutive du Dasein.
• La méditation évite de reconduire la conscience aux pouvoirs de l’âme (Seelenvermögen) — entendement, volonté, sentiment —.
Ma Mort (Sartre, L'être et le Néant)
Quatrième Partie : Avoir, Faire et Etre.
Chapitre Premier : Etre et Faire : la Liberté.
II. Liberté et Facticité : la Situation.
E) Ma Mort (pdf).
Janus Bifrons
.Conception réaliste de la mort : adhérant au néant d’être qui limite la vie ; porte ouverte sur le néant de réalité-humaine, que ce néant fût la cessation absolue d’être ou l’existence sous une forme non-humaine ; contact avec le non-humain ; échappe à l’homme et le façonne avec de l’absolu non-humain (576).
.Objection : même si la mort était un passage à un absolu non-humain, elle n’est pas une lucarne sur cet absolu. La mort ne nous révèle rien que sur nous-mêmes et d’un point de vue humain (578).
.Conception idéaliste de la mort : agglutinée à la série qu’elle termine ; terme ultime appartenant à la série ; fin de la vie qui s’intériorise, s’humanise et s’individualise (mienne); phénomène ultime de la vie qui influence à contre-courant la vie entière ; Rilke, Malraux, Heidegger (577).
Heidegger
.Le Dasein est projet et anticipation de sa propre mort comme possibilité de ne plus réaliser de présence dans le monde. La mort est une possibilité propre du Dasein qui se constitue lui-même comme totalité par le libre choix de la finitude (577).
.M.H. individualise la mort et utilise cette individualité incomparable pour individualiser le Dasein : c’est en se projetant librement vers sa possibilité ultime que le Dasein accédera à l’existence authentique et s’arrachera à la banalité quotidienne pour atteindre à l’unicité irremplaçable de la personne (578).
Personnalisation
.Aucune vertu personnalisante qui soit particulière à ma mort (579).
.Non-spécificité de la mort comme possibilité ultime et subjective : ma mort est comme chacune de mes possibilités : ne peut être projetée par un autre que moi ; l’amour le plus banal est comme la mort : irremplaçable et unique (579).
...Trivial : ne concerne pas ma mort mais mon vécu de ma mort qui, en tant que vécu est trivialement et irréductiblement mien.
.Non-spécificité de ma mort comme acte : si mourir c’est mourir pour édifier, pour témoigner, pour la patrie, n’importe qui peut mourir à ma place (579).
...Faux : la mort comme acte, du point de vue de sa fonction, efficience, résultat, ne concerne pas seulement et pas prioritairement ma mort pour les autres mais ma mort pour moi dans le sens de ma mort pour mon propre corps par lequel, irréductiblement, je meurs. Ma mort comme acte pour les autres n’est pas structurellement mienne. Ma mort comme acte pour moi l’est.
.La mort ne devient ma mort que si je me place déjà dans la perspective de la subjectivité : c’est ma subjectivité, définie par le cogito préréflexif, qui fait de ma mort un irremplaçable subjectif et non la mort qui donnerait l’ipséité irremplaçable à mon pour-soi (579).
...Sartre réfute la priorité (quotidienne et inauthentique) du On sur le Je. Si Heidegger place de prime abord le Dasein dans le On, il lui faut trouver un opérateur par lequel il peut s’en extraire. Ce serait la possibilité absolument mienne de la mort. La réponse de Sartre pour qui la mort n’est ni plus ni moins mienne que l’amour présuppose la subjectivité et considère la mort d’un point de vue existentiel.
.La mort ne saurait être ma possibilité propre ; elle ne saurait même pas être une de mes possibilités (585).
Attente
.Indétermination de la mort qui peut survenir à toute heure. On peut attendre une mort particulière, mais pas la mort (578). La structure essentielle de la mort ne suffit pas à faire d’elle cet évènement personnalisé et qualifié qu’on peut attendre (579). S’attendre à la mort n’est pas attendre la mort. Nous ne pouvons attendre qu’un évènement déterminé. La possibilité de ma mort signifie seulement que je ne suis biologiquement qu’un système relativement clos, relativement isolé, elle marque seulement l’appartenance de mon corps à la totalité des existants ; elle est un empêchement imprévu, inattendu, dont il faut toujours tenir compte, en lui conservant son caractère spécifique d’inattendu (580). Le hasard, en décidant de la mort, lui ôte tout caractère de fin harmonieuse. Cette perpétuelle apparition du hasard au sein de mes projets ne peut être saisie comme ma possibilité, mais au contraire comme la néantisation de toutes les possibilités, néantisation qui elle-même ne fait plus partie de mes possibilités (581).
.La mort n’est pas ma possibilité de ne plus réaliser de présence dans le monde, mais une néantisation toujours possible de mes possibles, qui est hors de mes possibilités (581).
...Deux questions différentes : est-ce que la mort est structurellement mienne / est-ce que la mort est à portée de mon pouvoir, est une possibilité mienne. La première question porte sur le fait que la mort, quelque soit la manière dont elle arrive, est mienne ou non, et en quel sens. La seconde question porte sur la manière dont la mort arrive.
Absurdité
En-soi
.Je ne suis mes possibilités que par néantisation de l’être-en-soi que j’ai à être, la mort comme néantisation d’une néantisation est position de mon être comme en-soi. Lorsque le pour-soi cesse de vivre, il s’abîme dans l’en-soi. Ma vie toute entière est : elle a cessé d’être son propre sursis et elle ne peut plus se changer par la simple conscience qu’elle a d’elle-même (585).
...Comparer avec M.H. pour qui la mort du Dasein n’est pas simplement sa transformation en sous-la-main, de par la relation d’autrui au mort. Ensuite, cependant, il laisse le point de vue d’autrui de côté, pour considérer la mort propre du Dasein. Il dira que la relation à la mort de l’autre – et donc la relation des autres à la mort du Dasein propre – est inauthentique en ce qu’elle la recouvre, la fuit, se rassure. Mais il ne revient pas sur le fait que pour soi, la mort est un passage de soi à la chose sous-la-main.
Pour-autrui
.La mort est le triomphe du point de vue d’autrui sur le point de vue que je suis sur moi-même (585).
.Lorsque la vie est morte, seule la mémoire de l’autre peut empêcher qu’elle se recroqueville dans sa plénitude en soi. La caractéristique d’une vie morte, c’est que c’est une vie dont l’autre se fait le gardien (586).
.La vie décide de son propre sens, parce qu’elle se définit comme un « pas-encore », elle est comme changement de ce qu’elle est. La vie morte ne cesse pas de changer, même si elle est faite. Elle subit ses changements sans en être aucunement responsable. Transformation radicale : rien ne peut plus lui arriver de l’intérieur, mais son sens ne cesse point d’être modifié du dehors. La mort représente une totale dépossession (588).
.L’existence même de la mort nous aliène tout entier, dans notre propre vie, au profit d’autrui. Etre mort, c’est être en proie aux vivants. Cela signifie que celui qui tente de saisir le sens de sa mort future doit se découvrir comme proie future des autres (588).
.Vivant, j’échappe sans cesse à mon dehors et je suis sans cesse ressaisie par lui sans que « dans ce combat douteux » la victoire définitive appartienne à l’un ou l’autre de ces modes d’être. Ma mort donne la victoire finale au point de vue de l’autre (588).
.Mon existence d’après la mort n’est pas la simple survie spectrale, « dans la conscience de l’autre », de simples représentations, souvenirs. Les morts sont des êtres objectifs et opaques, qui sont réduits à la seule dimension d’extériorité (589).
.La mort telle que je peux la découvrir comme mienne engage nécessairement autre chose que moi. Elle ne saurait donc appartenir à la structure ontologique du pour-soi (589).
Contingence radicale dans la mort
.En tant qu’elle est le triomphe de l’autre sur moi…
...M.H. La mort est triomphe de moi sur l’autre.
.La mort renvoie à un fait fondamental mais tout à fait contingent : l’existence de l’autre. Nous ne connaîtrions pas cette mort si l’autre n’existe pas. C’est à cause de l’autre que ma mort est ma chute hors du monde, à titre de subjectivité, au lieu d’être l’anéantissement de la conscience et du monde.
.Cette contingence radicale soustrait la mort à toutes les conjectures ontologiques. Méditer sur la vie à partir de la mort, ce serait méditer sur ma subjectivité en prenant sur elle le point de vue de l’autre. Pas possible (590).
Facticité
.Loin que la mort soit ma possibilité propre, elle est un fait contingent qui, en tant que tel, m’échappe par principe et ressortir originellement à ma facticité. Indécouvrable. Désarme toutes les attentes. Confiée à d’autres (590).
.La mort est un pur fait, comme la naissance ; elle vient à nous du dehors et elle nous transforme en dehors. Facticité : identité de la naissance et de la mort (590).
Finitude
.Il convient de séparer radicalement mort et finitude (590).
.La mort est un fait contingent qui ressortit à la facticité ; la finitude est une structure ontologique du pour-soi qui détermine la liberté. La réalité-humaine demeurerait finie même si elle était immortelle. Etre finie, c’est se choisir en se projetant vers un possible, à l’exclusion des autres. L’acte même de liberté est donc une création de finitude. L’immortel comme le mortel naît plusieurs et se fait un seul (591).
Liberté
.La mort est une limite permanente de mes projets et comme telle cette limite est à assumer. Limite insaisissable et inconcevable de ma subjectivité. Inéluctable nécessité d’exister ailleurs comme un dehors et un en-soi.
.La mort me hante au cœur de chacun de mes projets comme leur envers. Mais cet envers est à assumer non comme ma possibilité, mais comme la possibilité qu’il n’y ait plus pour moi de possibilités : elle ne m’entame pas. Ma liberté ne rencontre jamais cette limite qui est un destin ailleurs. Je suis un libre mortel. La mort échappant à mes projets parce qu’elle est irréalisable, j’échappe moi-même à la mort dans mon projet même. Ma subjectivité ne s’affirme pas contre la mort mais indépendamment d’elle (592).
Authenticité
.Il y a d’innombrable attitude possible face à l’irréalisable « à réaliser » qu’est la mort mais il n’y a pas lieu de la classer en authentique et inauthentique, puisque, justement, nous mourons toujours (592).
Résumé §46-53
Existence
= être-en-avant-de-soi (souci).
≠ constant inachèvement, excédent du pouvoir-être, non-totalité.
Totalité, fin, mort
.Nécessité d’une caractérisation ontologique de l’être-à-la-fin propre au Dasein et d’obtention d’un concept existential de la mort.
§47
Mort des autres
.En tant qu’essentiellement être-avec d’autres, le Dasein peut obtenir une expérience de la mort.
.Etre-avec le mort à partir du monde ≠ expérience et analyse de la fin et de la totalité du Dasein. Ce qui reste inexpérimentable dans le Dasein propre [la mort] ne devient pas accessible dans le Dasein étranger.
.Nul ne peut prendre son mourir à autrui.
.La mort est toujours essentiellement mienne.
Mourir
≠ virage d’un étant du mode d’être du Dasein à l’être sans plus sous-la-main d’une chose corporelle (la compréhension du cadavre sous-la-main reste orientée sur l’idée de la vie).
≠ outil à-portée-de-la-main (le défunt est l’objet de soins).
§48
Excédent, dette
.Au Dasein appartient un ne-pas-encore qu’il sera, comme mort.
≠ ne-pas-encore-être-ensemble d’éléments à-portée-de-la-main qui se co-appartiennent.
≠ ne-pas-encore de la saisie percevante (lune)
= ne-pas-encore constitutif (immaturité du fruit vert)
Mort
.Le Dasein, aussi longtemps qu’il est, est à chaque fois déjà son ne-pas-encore.
≠ maturité, accomplissement
≠ finir (cesser, achever, accomplir, disparaitre)
≠ être-à-la-fin
= être pour la fin
§49
.La mort n'est pas un phénomène de la vie.
.Mourir = guise d’être en laquelle le Dasein est pour sa mort
.Analytique existentiale méthodiquement pré-ordonnée aux questions d’une biologie, psychologie, théodicée, théologie. La détermination conceptuelle existentiale s’accompagne d’une absence d’obligation existentielle.
§50
Précédence
.La fin précède le Dasein. La mort est une précédence [bevorstand vs. ausstand (excédent)].
≠ imminence = évènement venant à ma rencontre à l’intérieur du monde : orage (sous-la-main), transformation de la maison (à-portée-de-la-main), arrivée d’un ami (là-avec), voyage, débat, renoncement à ce que le Dasein peut être lui-même (possibilités d’être propres qui se fondent dans l’être-avec avec autrui).
Mort
= possibilité la plus propre, absolue, extrême, indépassable.
= possibilité du pouvoir-ne-plus-être-là, possibilité de la pure et simple impossibilité du Dasein, de l’existence.
.Si le Dasein existe il est déjà jeté dans cette possibilité.
Angoisse de la mort
.Le devant-quoi de l’angoisse de la mort est l’être-au-monde lui-même.
.Ouverture révélant que le Dasein existe comme être jeté pour sa fin.
≠ peur de décéder
Echéance devant la mort
.De prime abord et le plus souvent, le Dasein se recouvre l’être le plus propre pour la mort, en fuyant devant lui.
Quotidienneté de l’être pour la mort
.Si l’être pour la mort appartient originairement et essentiellement à l’être du Dasein, alors il doit nécessairement aussi – de prime abord inauthentiquement – pouvoir être mis en lumière dans la quotidienneté. Conquérir le concept existential plein de la mort grâce à une interprétation plus complète de l’être quotidien pour la fin.
§51
Equivoque
.Le mourir, qui est essentiellement et ir-représentablement mien, est perverti en un évènement publiquement survenant, qui fait encontre au On. « on meurt » : ce On est le Personne.
Rassurement sur la mort
.Sollicitude des proches qui veulent ramener le mourant au Dasein en l’aidant à voiler encore totalement sa possibilité la plus propre, absolue, d’être.
.L’être quotidien pour la mort, en tant qu’échéant, est une constante fuite devant elle. L’être pour la fin a le mode de l’esquive devant elle, compréhension inauthentique, voile.
§52
Certitude(s)
.La certitude de la mort (comme indéniable fait d’expérience) est un tenir-pour-vrai inadéquat : tient ce dont elle est certaine dans l’être recouvert. Méconnaissance – caractéristique de la quotidienneté – du mode d’être du Dasein. Incapacité à devenir certain de la mort considérée en son mode d’être.
.La quotidienneté échéante du Dasein connaît la certitude [empirique] de la mort et esquive néanmoins l'être-certain [apodictique], esquive qui voile aux yeux de la quotidienneté la certitude [apodictique] de la mort comme être-pour-la-fin, mais en même temps atteste phénoménalement [autrement] de cette possibilité la plus propre, absolue, indépassable.
Indétermination
.Certitude de la mort conciliable avec l’indétermination de son quand.
Concept ontologico-existential plein de la mort
.La mort comme fin du Dasein est la possibilité la plus propre, absolue, certaine et comme telle indéterminée, indépassable du Dasein. La mort est, en tant que fin du Dasein, dans l’être de cet étant pour sa fin.
.L’être pour la mort se fonde dans le souci.
.En tant qu’être-au-monde jeté, le Dasein est à chaque fois déjà remis à sa mort. Etant pour sa mort, il meurt facticement et même constamment aussi longtemps qu’il n’est pas venu à son décès.
.Le recul quotidien échéant devant la mort est un être inauthentique pour la mort.
.L’inauthenticité a une possible authenticité à son fondement.
.L’être pour la mort authentique signifie une possibilité existentielle du Dasein.
.Quelles sont les conditions existentiales de cette possibilité ?
§53
Projet existential d’un être authentique pour la mort
.Le projet d’une possibilité existentiale d’un pouvoir-être authentique pour la mort, alors même qu’existentiellement le Dasein ne se rapporte jamais authentiquement à sa fin, ou qu’elle demeure retirée aux autres, doit pouvoir se baser sur la caractérisation du concept existential de la mort (indications positives) et de l’être pour la mort inauthentique (indications prohibitives).
.Un être pour la mort authentique est non-fuyant et non-recouvrant : ne peut pas reculer devant la possibilité la plus propre, absolue, ni la recouvrir dans cette fuite, ni la réinterpréter dans le sens de la compréhensivité du On.
Devancement
.Etre pour la mort
= être pour une possibilité d’être insigne du Dasein.
≠ Préoccupation pour sa réalisation
≠ Attente : « même dans l’attente, nous nous détachons du possible pour prendre pied dans cet effectif pour lequel l’attendu est attendu. C’est à partir de l’effectif et en direction de lui que le possible est entraîné par l’attente dans l’effectif »
= devancement dans la possibilité : se projeter vers son pouvoir-être le plus propre : pouvoir se comprendre soi-même dans l’être de l’étant ainsi dévoilé : exister authentiquement.
.devenir-libre devançant pour la mort propre : fait comprendre et choisir pour la première fois authentiquement les possibilités factices qui sont en deçà de la possibilité indépassable.
.brise tout raidissement sur l’existence à chaque fois atteinte.
Mort : pouvoir-être le plus propre
.Dans la possibilité insigne de lui-même, le Dasein peut chaque fois s’arracher au On.
.Le comprendre de ce « pouvoir » dévoile pour la première fois la perte factice dans la quotidienneté du On-même.
Mort : possibilité absolue
.La mort interpelle le Dasein en tant que singulier
.L’absoluité de la mort isole le Dasein vers lui-même
.Isolement : guise de l’ouvrir du « là » pour l’existence
.« le Dasein ne peut être authentiquement lui-même que s’il s’y dispose à partir de lui-même »
Mort : possibilité indépassable
.Devenir-libre devançant pour la mort propre : fait comprendre et choisir pour la première fois authentiquement les possibilités factices qui sont en deçà de la possibilité indépassable.
.Parce que le devancement dans la possibilité indépassable ouvre conjointement toutes les possibilités antérieures à elle, il inclut la possibilité d’une anticipation existentielle de tout le Dasein, c’est-à-dire la possibilité d’exister comme pouvoir-être-total.
Mort : possibilité certaine
.le maintien dans l’être certain déterminé à partir de la vérité (ouverture) requiert le devancement.
.L’évidence d’une donation immédiate des vécus, du Moi et de la conscience doit nécessairement rester en deçà de la certitude qui est enfermée dans le devancement.
Mort : possibilité indéterminée
.Le quand où devient possible la pure et simple impossibilité de l’existence demeure constamment indéterminé.
.Dans le devancement, le Dasein s’ouvre à une menace jaillissant de son Là.
.C’est dans l’angoisse que le Dasein se trouve devant le rien de la possible impossibilité de son existence.
Résumé de la caractérisation de l’être pour la mort authentique existentialement projeté
Le devancement dévoile au Dasein sa perte dans le On-même et le transporte devant la possibilité, primairement dépourvue de la protection de la sollicitude préoccupée, d’être lui-même – mais lui-même dans la liberté pour la mort passionnée, déliée des illusions du On, factice, certaine d’elle-même et angoissée.
Authenticité existentielle et exigible
.Possibilité d’un pouvoir-être-tout authentique du Dasein, néanmoins seulement à titre de possibilité ontologique.
.L’être existentialement possible pour la mort demeure existentiellement une suggestion fantastique.
.Dans quelle mesure et selon quelle guise le Dasein donne-t-il témoignage d’une authenticité possible de son existence, non pas seulement en l’annonçant comme existentiellement possible, mais en l’exigeant de lui-même ?
La mort dans la Phénoménologie de l’esprit de Hegel
« Cette conscience, en effet, n’a pas connu l’angoisse à propos de ceci ou de cela, ni pour cet instant ou pour cet autre, mais pour son essence totale ; car elle a éprouvé la crainte de la mort, du maître absolu. En cela elle s’est trouvée dissoute intérieurement, a frémi dans soi-même de part en part, et tout ce qui est fixe a tremblé dans elle. Mais c’est ce mouvement universel pur, le devenir-fluide absolu de tout subsister, qui est l’essence simple de l’autoconscience, la négativité absolue, l’être-pour-soi pur, qui du coup est en cette conscience. », p. 225.
G.W.F. Hegel, Phénoménologie de l’esprit, trad. par G. Jarczyk et P.-J. Labarrière, Paris : Éditions Gallimard, 1993, pour la traduction française.
Thursday, July 15, 2010
Résumé p.271
.si le Dasein doit pouvoir être ramené – par lui-même – hors de cette perte – dans le On – il doit d’abord se trouver.
.l’écoute du On doit être brisée.
.le Dasein doit se donner la possibilité d’un entendre qui interrompe l’écoute du On.
.la possibilité d’une telle rupture se trouve dans l’être-ad-voqué [Angerufenwerden] immédiat.
.l’appel éveille un entendre opposé à l’entendre perdu.
.l’entendre perdu est pris par le « vacarme » de la multiple équivoque d’un bavardage chaque jour nouveau.
.l’appel appelle sans vacarme, sans équivoque, sans point d’appui pour la curiosité.
.ce qui donne à comprendre en appelant ainsi c’est la conscience.
.appeler = mode du parler.
.articulation de la compréhensivité.
.l’ébruitement vocal n’est pas essentiel au parler, ni à l’appel.
.toute profération de parole et de cri présuppose déjà le parler.
.« voix » de la conscience = donner-à-comprendre.
.l’appel retentit depuis le lointain vers le lointain.
.est touché par l’appel celui qui veut être ramené.
Résumé p.270
§55 Les fondements ontologico-existentiaux de la conscience.
.la conscience donne qqchose à comprendre.
.la conscience ouvre.
.elle appartient à l’orbe des phénomènes existentiaux qui constituent l’être du Là comme ouverture.
.l’interprétation de la conscience saisira l’analyse antérieure plus originairement par rapport à l’être authentique du Dasein.
.par l’ouverture, possibilité d’être son Là.
.ouverture du pouvoir-être à partir du « monde » dont il est préoccupé.
.le pouvoir-être s’est abandonné à des possibilités déjà déterminées : être jeté.
.le Dasein, en tant qu’être-avec compréhensif, peut entendre autrui.
Wednesday, July 14, 2010
Summary of page 270
§ 55. Les fondements ontologico-existentiaux de la conscience.
• La conscience (Gewissens) donne quelque chose à comprendre.
• La conscience ouvre, en appartenant ainsi à l’orbe (Umkreis) des phénomènes existentiaux qui constituent l’être du là comme ouverture.
• Par l’ouverture, le Dasein est dans la possibilité d’être son là.
• Il est là en s’ouvrant son pouvoir-être à partir du monde dont il est préoccupé.
• Le pouvoir-être en lequel le Dasein existe s’est abandonné à des possibilités déterminées, parce qu’il est un étant jeté, lequel est ouvert pour l’être-intoné.
• À l’affection (tonalité) appartient le comprendre.
• Par là, le Dasein « sait » ce qu’il en est de lui-même pour autant qu’il s’est projeté vers des possibilités de lui-même à moins que, s’identifiant au On, il ne se les soit laissé prédonner par l’explicitation publique de celui-ci.
• Ce qui rend cette prédonation (Vorgabe) possible, c’est que le Dasein, en tant qu’être-avec compréhensif, peut entendre (hören) autrui.
Monday, July 12, 2010
Summary of page 269
• La conscience, en tant que phénomène du Dasein, n’est pas un fait qui surviendrait et serait sous-la-main.
• Elle n’« est » que selon le mode d’être du Dasein, et elle ne s’annonce que dans l’existence factice.
• Toute critique qui prétendrait que la conscience ne survient que de temps à autre, et lui dénierait le statut de fait universellement constatable constitue une perversion ontologique du phénomène.
• La conscience est ontologiquement hétérogène par rapport à tout étant sous-la-main dans le monde ambiant.
• La conscience donne quelque chose à comprendre, elle ouvre, ce qui veut dire que ce phénomène doit être repris dans l’ouverture (Erschlossenheit) du Dasein, laquelle est constituée par l’affection, le comprendre, l’échéance et le parler.
• L’analyse plus pénétrante de la conscience la dévoilera comme appel (Ruf), lequel est un mode du parler.
• L’appel de la conscience a le caractère de l’ad-vocation (Anrufs) du Dasein vers son pouvoir-être-soi-même le plus propre, et cela selon la guise de la con-vocation (Aufrufs) à son être-endette ou coupable (Schuldigsein).
• L’interprétation existentiale est éloignée de l’entente ontique quotidienne, même si elle en dégage les fondements ontologiques.
• L’interprétation existentiale a besoin d’une confirmation par une critique de l’explicitation vulgaire de la conscience.
• À l’appel de la conscience (Gewissensruf) appartient un entendre (Hören) possible.
• La compréhension de l’ad-vocation (Anrufverstehen) se dévoile comme vouloir-avoir-conscience (Gewissenhabenwollen).
convoquer son être-en-dette?? (p.269)
>je ne comprends pas cette phrase...help!?
Der Gewissensruf hat den Charakter des Anrufs des Daseins auf sein eigenstes Selbstseinkönnen und das in der Weise des Aufrufs zum eigensten Schuldigsein.
L’appel de la conscience a le caractère de l’ad-vocation du Dasein vers son pouvoir-être-Soi-même le plus propre, et cela selon la guise de la con-vocation à son être-en-dette le plus propre.
The call of conscience has the character of summoning Da-sein to its ownmost potentiality-of-being-a-self, by summoning it to its ownmost quality of being a lack [note: Schuldigsein. The basic meaning of Schuld is ontological, lacking something ontologically. Since “being a lack” is often linguistically cumbersome, we retain de terms “guilt” and “guilty”, bearing in mind that they are ontological, not “ethical” and certainly not “theological” – Tr.].
schuldig
fautif, obligé, répréhensible
schuldig (adj.)
chargé, coupable, dû
Schuld (n.)
culpabilité, défaut, dette, faute, pouf (Belgique Franco), responsabilité
schuld (adj.)
responsable
Schuldiger (n.)
auteur, couplable
Anruf
appeler
Aufruf (n.)
assignation, convocation